Bonjour. Je suis une femme de 36 ans, mariée avec deux enfants en bas âge. Je suis en rechute de dépression. La première "officielle" était il y a 5 ans.

J'ai la chance d'être en psychothérapie avec le même psychologue qu'il y a 5 ans. J'ai totalement confiance en lui.

Ce que j'ai vraiment le goût de vous dire, c'est ma douleur. J'ai mal constament. J'ai mal de douleurs intérieures qui se joint parfois à de grandes douleurs physique. Ces douleurs, sont la cause première de mon goût de me suicider.



Mon témoignage est assez long, mais je vous prie de prendre le temps de le lire, j'ai tenu à donner le plus de détails possibles pour que vous puissiez comprendre ce que j'ai vécu. Je vous remercie d'avoir la patience de le lire.


Je suis en dépression majeure depuis plusieurs années, accompagnée d'une grande anxiété. Je passe sur les raisons qui m'ont conduite à cet état, mais après avoir pris de l'héroïne suffisament longtemps pour tomber dans la dépendance, je prends du subutex.
Je suis suivie depuis maintenant 3ans par des psychiatres, j'ai été hospitalisée plusieurs fois en hopital psychiatrique, soit suite à des ts, soit à ma demande, ou celle de mon psy. Ce dont je souhaite parler, c'est de ma dernière hospitalisation, qui s'est trés mal passée.
Ayant été hospitalisée à plusieurs reprises pour des durées allant de quelques jours à un mois, et dans différents services (psychiatrie au CHU, et secteurs de l'hp), j'ai toujours plutot bien supporté chacun des séjours que j'ai pu passer à l'hopital.
Le dernière fois, sur les conseils de ma psy, qui m'a expliqué que j'avais besoin d'etre entourée, j'ai demandé à etre hospitalisée à l'hp. Il n'y avait plus de place dans le service où j'allais d'habitude, j'ai donc du aller dans un autre, que je ne connaissais pas. Et ça s'est trés mal passé.
Je suis arrivée un après-midi et après avoir fait l'inventaire de mes affaires, on m'a dit d'attendre. L'heure du repas arrivant je me suis mise à table, attendant toujours, avec une femme agée, que l'on veuille bien me donner une chambre. Cette dame arrivée en même temps que moi, souffrait d'une entorse à la cheville qui était trés douloureuse, et avait un traitement en conséquence, prescrit par son médecin, ainsi qu'une traitement prescrit par son psy pour dépression. Elle souffrait beaucoup, et demande à l'infirmière si elle pouvait prendre son traitement, et voilà que l'infirmière le lui refuse... Pourtant la dame avait apporté les médicaments, qui lui avaient été retirés, ce qui est normal à l'hopital, c'était bien la preuve qu'elle avait un traitement, car elle ne pouvait s'etre procuré les médicaments qu'avec une ordonnance... Malheureusement, elle avait oublié de l'emporter, elle pensait certainement que le personnel serait plus compréhensif. Mais on lui a affirmé qu'elle devait attendre que le médecin la voit.

Moi j'avais pensé à emporter toutes mes ordonnances, et on m'a donné mon traitement sans problème ce soir là.
Le lendemain matin, elle réclame à nouveau son traitement car elle souffrait beaucoup de sa cheville, et était particulièrement angoissée puisqu'elle n'avait pas pu prendre son anxiolytique la veille (car il lui avait été refusé), nouveau refus de l'infirmière, qui n'a meme pas tenu compte de la souffrance de la pauvre dame. Choquée, je fais remarquer à l'infirmière que la dame souffre, et qu'il serait tout de meme normal qu'ils fassent quelque chose, je me fais alors envoyer paitre (dans une sens je comprends, car ça ne me regardait pasmais j'étais choquée par si peu d'attention pour elle). Dégoutée, et triste, je sors de table et pars m'asseoir au fond du couloir, à coté de la porte, fermée à clé dans la journée, des chambres, et me mets à pleurer. (Au passage, le matin, les aide-soigantes m'ont enfermée dans les chambres par manque d'attention, j'ai du tambouriner dans la porte pendant 10min avant que quelqu'un m'entende et daigne m'ouvrir).L'infirmière vient me voir, et continue à me casser les pieds, me disant en passant que vu ce que j'étais, je ne réussirais jamais à etre infirmière... qd elle s'en va enfin, de rage je donne un coup de pieds dans la porte et m'effondre en pleurs, me disant que je n'irai jamais mieux dans cet endroit... L'infirmière revient alors, accompagnée de tout le personnel, étudiants en médecine, internes, stagiaires élèves infirmers, infirmières, psychaitre, interne etc... plus de 7 personnes au total, en criant que je me tapait la tete contre les murs... Le psy, que j'avais entrevu le matin, et que je n'appréciais pas (je le trouvais un peu agressif et peu à l'écoute, il m'avait d'ailleurs dit que si je ne voulais pas parler, je parle difficilement, je n'avais qu'à sortir) m'a demandé de le suivre. A cet instant, j'ai compris qu'ils voulaient m'emmener en isolement, prise d'angoisse, je refuse de le suivre. C'est alors qu'il m'emmènent de force, me faisant mal, cherchant à me maitriser comme une bete feroce... Je me débats de toutes mes forces, je ne comprends pas leur attitude, j'ai peur... dans la melée je mords le médecin... furieux, il se venge en me faisant encore plus mal, je vais encore payer par la suite. Ils m'emmènent en isolement, moi qui suis si calme d'habitude, qui suis plutot solitaire et qui ne cherche pas les ennuis... dès le 1er jour ils m'emmènent en isolement... Une fois dans la chambre, je demande à ce qu'ils me lachent car je n'arrive plus à respirer et ils me font trés mal, me tordent les bras, le dos... Le psychiatre refuse, me répondant que si je parle, c que je respire... Ils me déshabillent de forcent devant tout le personnel, me font une piqure (100mg de tercian en intra musculaire c'est ce que g entendu) me mettent un pyjama de l'hopital et me lachent enfin... je suffoque... complètemt abasourdie...ils me disent de me reposer et s'en vont... Seuls restent l'infirmière et un interne restent une petite minute... et s'en vont à leur tour car je n'arrive plus à parler, le tercian commence à faire effet. Je panique complètement, etre seule dans cette petite pièce, en compagnie d'un matelas et d'un seau pour mes "besoins" (les seuls à peine pris en compte). Je me mets à hurler de désespoir, j'ai l'impression de devenir complètement folle, je hurle pendant 1/4 d'heure je crois... qu'on ne me laisse pas seule, je supplie... sentant le tercian qui me prend... Je hurle de panique à l'idée d'etre seule, enfermée ici... Mes cris résonnent dans la petite pièce vide...mais personne ne vient. Je me sens perdue... c'est injuste... pk m'enferment-ils moi ? je n'ai rien fait de si grave... je n'ai agressé personne... c'est eux qui sont venus me chercher et qui m'ont "agressée" en voulant m'emmener sans réelle raison... je suis désespérée... Je hurle encore, peut etre pour essayer de me rassurer, et je m'endors, prise sous l'effet du tercian...

Je vais rester en isolement pendant 24h, je vais quasiment dormir tout le temps, assomée par leur satané tercian. J'utilise une fois le seau, mais je titube et dois me recoucher aussitot, je me rendors, je vois une fois ou deux quelqu'un qui projette une lumière dans la pièce, mais repart aussitot... Je pleure un peu, je n'ai plus de force, j'ai froid, je n'ai qu'une couverture... Le lendemain matin, je le devine parce que je vois le jour par la toute petite ouverture en haut de la pièce, l'infirmière et l'interne reviennent, me parlent un peu... J'ai du mal à articuler mes mots, je suis épuisée... Ils repartent vite et me laissent à nouveau seule. Je me rendors, toujours sous l'effet de cette piqure... (Je vais avoir mal dans la fesse pendant plus d'une semaine par la suite...) Enfin, vers midi (je ne lis l'heure qu'en sortant bien sur) ils reviennent me chercher.. Les chambres sont encore fermées, les douches aussi, je me lave donc en isolement, il y a un coin, devant la porte de la pièce où je suis restée 24h... n'importe qui pouvant entrer et me voir nue... Je n'ai pas mangé depuis plus de 24h, car la veille je n'avais pas pu finir mon repas... C'est l'heure du déjeuner... Je reçois mon "traitement", le médecin a baissé ma dose de subutex... sans même me demander mon avis, sans raison apparente... peut etre pour me faire payer mon "insolence" ? Je suis écoeurée, je suis en manque, j'ai mal, mais je n'ai meme plus la force de me révolter, ils m'ont cassée... On me donne une grosse gelule rouge, sans me dire ce que c'est, je suis obligée de la prendre. Le repas terminé, je demande à récupérer mes affaires que l'on m'a pris la veille, je récupère mon portable que j'ai gardé en secret, car on n'a pas le droit normalement... et en cachette, j'envoie un texto à mon père et à ma mère. Je leur dit simplement que g été en isolement, que je vis l'enfer, et je les supplie de venir me chercher. J'apprendrai plus tard qu'ils avaient essayé de m'appeler la veille au soir, et qu'on leur a simplement dit que je dors car on m'a donné un calamant.... Ils leur ont caché la vérité, evidemment... sous prétexte du secret médical sans doute ?

je dois encore supporter toute une journée, le soir, je réussi à les avoir au téléphone (le téléphone du bureau des infirmières, bureau dans lequel elles sont enfermées à longueur de temps, et il pourrait se passer n'importe quoi avec les patients qu'elles ne s'en rendraient pas compte) et ils me disent qu'ils vont venir le lendemain, qu'ils vont essayer de voir le psychiatre. Mais celui ci est comme par hasard aux abonnés absent, d'après l'infirmière sur qui ils tombent au téléphone.
Ce soir là, j'ai dit aux infirmières que je désirais sortir dès le lendemain, et depuis, bizarrement, je n'ai vu aucun médecin (alors qu'on le voit normalement tous les matins) le lendemain après-midi, mes parents sont enfin arrivés. Ils me disent qu'ils devaient venir le matin, mais qu'on leur a dit qu'aucun médecin ne poivait les recevoir... (etes-vous étonnés ?) Je leur explique en quelques mots la situation... Ils voient le service... des femmes (dans ce service, les deux sexes sont séparés) qui trainent à longueur de journée, comme des zombies, avec pour seule distraction un poste de télévision. Les infirmières enfermées dans leur bureau, ne se souciant pas de ce qu'il se passe dans le service, refusant meme de parler avec les patients qui viennent chercher un peu de réconfort. Mes parents admettent que ce n'est pas l'endroit qu'il me faut... J'étais venue ici pour etre encadrée car je vais mal en ce moment, et que je suis à la limite du suicide... Mais comment aller mieux dans de telles conditions ? ce qui était sensé m'aider n'a fait que me traumatiser...
Ils ont finallement été reçus, avec moi, par un interne de garde étranger, qui comprennait mal, ou de travers, ce qu'ils disaient, et l'infirmière à l'origine de toute cette histoire, qui avait sans doute brieffé le médecin, qui était manifestement contre moi. Mes parents, choqués par le manque d'honneteté dont ils faisaient preuve, leur hypocrisie "mais nous sommes inquiets pour votre fille !" , et les conditions d'hospitalisation de ce service, signent une décharge (alors qu'en principe, étant entrée en hospitalisation libre, je devais pouvoir sortir quand je voulais) pour que je sorte contre avis médical.
La dame avec qui j'étais arrivée était partie, comme elle m'avait dit, sans doute le jour où je me suis retrouvée en isolement, ne supportant pas l'hospitalisation... Pourtant, en pleine détresse, elle aurait eu besoin d'un véritable soutien psychologique, mais dans de telles conditions, il valait mieux qu'elle rentre chez elle... au risque de déprimer encore plus, et peut etre meme de se suicider...
pendant plusieurs jours les souvenirs m'ont hantée, j'en ai fait des cauchemards la nuit, et meme encore maintenant, alors que ça fait plusieurs semaines, je fais des mauvais reves revivant des scènes qui m'ont traumatisée... Est-ce ainsi qu'ils prétendent soigner leurs patients ?
J'ai parlé de tout cela à ma psy, celle qui m'avait conseillé d'aller à l'hopital, sans se douter que je vivrais celà... sans se douter meme que c'était possible, dans un service qu'elle pensait "plus médicalisé" que les autres... Choquée elle aussi, et désolée de m'avoir envoyée là bas...
J'ai donc du me passer d'un séjour dont j'avais pourtant vraiment besoin.
Je ne pensais pas, que de nos jours ce genre de choses pouvaient encore exister... on est en effet bien loin de l'image que l'on veut donner de l'hopital psychiatrique de nos jours, qui comporte soi-disant des activités thérapeutiques pultiples, telles que l'ergothérapie, la misuco-thérapie, l'art-thérapie... des structures modernes somme toute... Il existe encore de nos jours, des services, dans nos hopitaux psy, dignes de l'asile décrit dans "vol au dessus d'un nuit de coucou", dont les patients ne sont plus que des ombres, qui croupissent là pendant de longs mois, de longues années. J'ai en tête la voix d'une jeune femme, ma voisine de chambre, que j'ai trés peu vue, qui s'est effondrée en larmes à mon arrivée, car je pleurais aussi, me disant qu'elle n'en pouvait plus d'etre ici, qu'elle avait un petit bébé chez elle, et un mari... elle était là bas depuis plus de 6mois...
Voilà... J'ai sans doute oublié de donner de nombreux détails, tant de choses m'ont choquée, mais j'espère avoir raconté l'essentiel, de manière à dresser un portrait assez juste de ce que g vécu.
J'aimerais avoir des témoignages de personnes ayant vécu des expérience similaires... ou l'avis de personnel médical travaillant dans le secteur de la psychiatrie.


ps : J'admets tout à fait avoir ma part de responsabilité dans l'intervention du personnel, je sais que je me suis certainement melée de ce qui ne me regardait pas en m'insurgeant contre le fait qu'ils ne veuillent pas s'occuper de cette vieille dame qui souffrait, mais était-ce vraiment une raison pour me traiter comme ils l'ont fait ? Etais-je si "dangereuse" vis-à-vis de moi-meme ou des autres (avant qu'ils ne m'emmnènent de force, car je ne me suis défendue et débattue qu'à se moment là, à aucun moment auparavant je n'ai fait preuve d'une quellequonque violence), est-ce que le fait que je remette en cause leurs méthodes qui a provoqué et qui justifie chez eux une réponse aussi radicale ? Je sais que l'on peut pense que je ne suis pas crédible ou que je déforme ce qui s'est passé réellement, mais je me suis efforcée, meme si je ne fais que donner mon propre point de vue, d'etre le plus juste possible, pour expliquer ce qui s'est passé. Et le fait que mes parents soient choqués, et la réaction de ma psy me confortent dans l'idée que je ne me suis pas trompée en pensant que ce qui se passait dans ce service n'était pas normal. Une amie infirmière en psy m'a même proposé de porter plainte, mais la peur que ce psychiatre ne cherche à me faire perdre toute crédibilité devant un tribunal (c'est tout à fait à la portée d'un psy vis à vis d'un de ses patients) a stoppé net cette idée dans mon esprit. Pour moi, ça serait perdu d'avance. Je vous remercie d'avoir pris le temps de lire mon témoignage, il m'a été douloureux de devoir me rappeler ces évènements pour écrire ceci... Je vous remercie aussi de votre compréhension, et attends vos éventuelles remarques ou vos propres témoignages.


Selon une récente recherche présentée au congrès annuel du collège américain de neuropsychopharmacologie, les gens présentant une détérioration cognitive de légère à moyenne et ne peuvant identifier certaines odeurs vont probablement développer la maladie d'Alzheimer.

Les résultats à des tests d'odorat de trois groupes (souffrant d'Alzheimer, présentant une détérioration cognitive légère à moyenne, âgés en santé) ont été comparés, aux six mois pendant cinq ans.

La perte de certaines odeurs était plus prédictive du développement de la maladie. Il s'agit des odeurs de fraise, de tabac, de savon, de menthol, de clou de girofle, d'ananas, de gaz naturel, de lilas , de citron et de cuir.

Source:
www.psycport.com

Pour vous exprimer sur l'adaptation à la maladie d'Alzheimer, visitez notre forum Maladie d'Alzheimer



De la vivacité de la vie, il ne reste rien !

Les vicieux ont vicié sa vitalité.

Et la victime de viol vivote jusquà devenir vieille, tant que la vividité des images viles s'impose avec vigueur dans l'esprit vide de toutes vibrations.

Mais la vision de la vie peut virer à tout moment, pour que le vivant vive vraiment sa vivacité...



Les bras ouverts



L’image de mon grand-père me revient parfois, je le revois assis dans son fauteuil, à côté de la cuisinière à charbon, dans cette cuisine-salle-de-séjour de son époque. C’était un rituel, il s’y asseyait posément et bourrait sa pipe, qu’il allumait ensuite avec une infinie patience qui me fascinait. Avec son dossier haut, capitonné à l’endroit du dos, ses bras aux extrémités sculptées rembourrées au niveau des l’avant-bras, le fauteuil aurait pu être un rocking-chair s’il avait été américain. Il aurait alors permis ce balancement relaxant dont le cinéma nous a fait rêver.

Quoi qu’il en soit, quel que soit le moment du jour ou de la nuit, il est toujours là, les bras ouverts, prêt à m’accueillir, puisque maintenant c’est moi qui m’assieds à la place de Grand-Père. C’est le seul meuble que j’ai reçu de lui, je le garde religieusement et l’utilise souvent en y ressentant une impression particulière. Le simple fait de m’y asseoir me transporte instantanément dans une autre époque, cinquante ans plus tôt. Je me blottissais aux pieds de Grand-père, la tête sur ses genoux. Sa main ébouriffait mes cheveux rebelles.

Aujourd’hui la journée a été dure, stressante, exactement celle du genre où, enfin rentré chez soi, on n’a envie de parler a personne. De toute façon je suis seul, le répondeur téléphonique est branché et le restera. Pour le monde extérieur, je suis hors d’atteinte, je me sens en sécurité.
Bien calé dans le fauteuil, les images du jour défilent, comme dans un film tournant au ralenti.

J’aurais dû tout de suite la prendre dans mes bras, avant d’écouter ce qu’elle avait à dire. Si je l’avais serrée contre moi, j’aurais remarqué le tremblement de son corps, les larmes au fond de ses yeux. Mais quand je l’ai vue, ma fille avait sa tête des mauvais jours et c’est cela qui m’a crispé. J’ai toujours eu des problèmes pour exprimer mes émotions au moment voulu, une fois de plus cela a tout gâché. Pourtant, je savais qu’elle avait des problèmes avec son ex. Qu’est-ce qui m’a donc pris de lui dire : je t’avais prévenue… Elle s’est immédiatement emportée contre moi, je suis resté les bras ballants, déjà fâché, fermé à tout dialogue. Elle a rapidement tourné les talons, m’envoyant aux cent mille diables. Je ne l’ai pas rappelée, contracté dans mon amertume et ma rage venue d’ailleurs.

Les phalanges de mes mains, serrées sur les accoudoirs, blanchissent sous l’effort. Ma stupidité m’apparaît, m’aveugle, m’anéantit. La prochaine fois… je laisserai parler mon cœur. Le pourrais-je ? Suis-je donc maudit ?
Un crissement de gravier dans l’allée du jardin me fait dresser l’oreille. Une portière de voiture claque, la sonnette qui tinte me fait bondir de mon fauteuil. Je jette un coup d’oeil par la fenêtre… l’émotion m’étreint, c’est elle.
Mes yeux s’embrument, ma gorge se serre. Mécaniquement, j’ouvre la porte et sans dire un mot, je tends les bras…


Pheliny



Un couple d’amis subit actuellement une rude expérience. Après avoir vécu un bonheur bien organisé, presque sans nuage et eu un petit garçon adorable, ils ont donné naissance à une petite fille gravement handicapée ; tant mentalement que physiquement.
La venue de cette petite fille à soudainement assombri leur vie. Aucun soutient psychologique pour eux.

Lorsque j’ai quitté, il y a des années, mes amis laissant entre nous des milliers de kilomètres ils avaient l’avenir devant eux. Ils étaient enthousiastes, plein de dynamisme, et n’aspiraient qu’au bonheur. A présent ils sont désespérés, ont sombré dans la déprime au point de perdre tout les deux leur travail et même leur désir de travailler.

C’est à plus de 7000 Km d’eux qu’ils m’ont annoncé la nouvelle suite à mon appel téléphonique. Prise au dépourvu et vu la distance qui nous séparait, je ne savais ni quoi dire ni quoi faire. Depuis, j’ai encore changé de lieu de vie et la communication est devenue encore plus difficile. Je n’ai plus d’autre choix que d’utiliser le mode postal pour prendre de leurs nouvelles mais n’arrive pas à faire le pas. Pourtant, je me sens toujours concernée par leur peine.
Rien de moins aisé que de devoir prendre des nouvelles d’amis en perdition sans pouvoir les serrer dans nos bras ou encore lire dans leurs yeux ce qu’ils ne peuvent exprimer ouvertement. Mais pourtant ils restent dans mon cœur et je ne peux les oublier.
Ce que je redoute le plus c’est que je perde toute relation avec eux car je ne sais comment les approcher sans risquer de blesser.
Quoi dire pour les réconforter ? Je ne les connais plus. Je ne sais plus qui ils sont. Juste qu’il reste en moi ce souvenir de forte amitié qui nous liait avant mon départ des années auparavant.

Leur désespoir me fait peur provoquant en moi la hantise de ne pas être à la hauteur.
J’aimerai tellement raccourcir la distance qui nous sépare, et à la fois je remercie mon destin de me maintenir si loin d’eux. Mais là encore je culpabilise de penser ainsi. J’ai beau me dire que ce n’est pas contagieux, je redoute tout de même de sombrer dans une empathie douloureuse. J’ai du mal à maintenir mon affection pour eux et à la fois garder la tête froide pour les soutenir.

Ai-je le droit de leur souhaiter la mort de cette enfant dont les quatre membres sont atrophiés et dont le cerveau se contente uniquement de maintenir son corps en vie ? Oui, Ai-je le droit de souhaiter la mort de ce petit être dont le crâne entièrement soudé a dû être brisé pour laisser la place à son cerveau de croître ?

Peut-on encore s’estimer être une amie lorsqu’on a de telles pensées ?

Avec tout ça je prends une feuille, un crayon puis range le tout sans avoir même réussi à tracer le moindre mot.

Chers amis….
Mais ensuite ? Quoi dire ? oui, quoi dire ?

La rage monte en moi. Je m’en veux de ne plus connaître les mots qui auraient pu les réconforter. Ils sont si différents de mes souvenirs !

Dans une autre contrée
Dans un autre temps
Je vous aurais parlé
Ceci librement

Hélas de votre chair
Cette enfant est venue
Sachez amis très chers
Que votre cri j’ai entendu

Heureux malheur
La distance entre nous
Car hélas oui j’ai peur
De sombrer avec vous

Saurez vous me pardonner
De garder le silence
Malgré toute la confiance
Que vous m’aurez donné

Je ne veux tourner la page
Mais même si je le voulais
Je ne peux vous donner le gage
Qu’un jour je reviendrai

Thierry et Anne-Marie je suis de tout cœur avec vous.


Voyez également sur Psychomédia: FAITES LE TEST : Quel est votre niveau d'estime de soi?.

Souvent lorsque l'on manque d'estime de soi on ne s'aime pas. Alors notre jugement envers nous même devient totalement négatif. Le moindre fait ou geste passe dans le mixeur et se retrouve auto-détruit voire même ridiculisé.

Pour guérir il devient évident qu'il faut inverser le processus auto-destructeur mais comme de bien entendu faut-il se rendre compte que nous sommes notre pire ennemi.

Je suis déjà passée par toutes sortes d'états au point de trouver plein d'excuses à ceux qui étaient vraiment blessants envers moi et ne jamais me laisser la moindre chance à l'erreur. En ce temps là je prenais même un certain plaisir à m'auto-détruire. J'avais le sentiment d'exister en attirant la pitié sur moi. Or la pitié n'est pas ce que l'on recherche vraiment en agissant aussi sévèrement envers nous ; C'est l'amour que nous recherchons. Mais la pitié n'est pas l'amour.
Syndiquer le contenu