Qu'est-ce que les troubles bipolaire (maniaco-dépression) et cyclothymique? PsychoMédia
- Publié le 03 octobre 2005
Le trouble bipolaire (auparavant appelé maniaco-dépression ou psychose maniaco-dépressive) et le trouble cyclothymique sont des troubles de l'humeur dans lesquels on retrouve des épisodes dépressifs et des épisodes maniaques ou hypomaniaques.
Le
trouble bipolaire de type I est caractérisé par la survenue
d'un ou plusieurs épisode(s) maniaque(s) (voir les critères
plus bas) ou mixte(s) (dans un épisode mixte, les critères
d'un épisode maniaque et d'un épisode dépressif majeur
sont rencontrés simultanément). Il peut y avoir des
épisodes hypomaniaques (voir les critères plus bas). Il n'y
a pas nécessairement d'épisode dépressif majeur bien que
cela soit souvent le cas.
Le trouble bipolaire de type II est caractérisé par la
survenue d'un ou plusieurs épisodes dépressifs majeurs
accompagnés d'au moins un épisode hypomaniaque (voir les
critères plus bas). Il n'y a pas d'épisode maniaque ou
mixte.
Le
trouble cyclothymique est caractérisé par une alternance
pendant au moins deux ans de nombreux épisodes hypomaniaques
(ne rencontrant pas tous les critères d'un épisode maniaque
et n'entraînant pas une altération marquée du
fonctionnement, voir plus bas) et dépressifs ne rencontrant pas tous les
critères d'une dépression majeure.
Voici les critères du DSM IV (1) d'un épisode maniaque et d'un épisode hypomaniaque.
Critères d'un épisode maniaque:
A. Une période nettement
délimitée durant laquelle l'humeur est élevée de façon
anormale et persistante (euphorie, enthousiasme ou
irritabilité) pendant au moins une semaine (ou toute autre
durée si une hospitalisation est nécessaire).
B. Au cours de cette
période de perturbation de l'humeur, au moins 3 des
symptômes suivants (4 si l'humeur est seulement irritable)
ont persisté avec une intensité suffisante:
1. augmentation de
l'estime de soi ou idées de grandeur.
2. réduction du besoin de sommeil (p. ex., le sujet
se sent reposé après seulement 3 heures de
sommeil).
3. plus grande communicabilité que d'habitude ou
désir de parler constamment.
4. fuite des idées ou sensations subjectives que les
idées défilent.
5. distractibilité (p. ex., l'attention est trop
facilement attirée par des stimulus extérieurs sans
importance ou insignifiants).
6. augmentation de l'activité orientée vers un but
(social, professionnel, scolaire ou sexuel) ou
agitation psychomotrice.
7. engagement excessif dans des activités agréables
mais à potentiel élevé de conséquences
dommageables (p. ex.., la personne se lance sans
retenue dans des achats inconsidérés, des conduites
sexuelles inconséquentes ou des investissements
commerciaux déraisonnables).
C. Les symptômes ne
répondent pas aux critères d'un épisode mixte.
D. La perturbation de
l'humeur est suffisamment sévère pour entraîner une
altération marquée du fonctionnement professionnel, des
activités sociales ou des relations interpersonnelles, ou
pour nécessiter l'hospitalisation afin de prévenir des
conséquences dommageables pour le sujet ou pour autrui, ou
bien il existe des caractéristiques psychotiques.
E. Les symptômes ne sont
pas dus aux effets physiologiques directs d'une substance (p.
ex. substance donnant lieu à abus, médicament ou autre
traitement) ou d'une affection médicale générale (p. ex.,
hyperthyroïdie).
Critères d'un épisode hypomaniaque:
A. Une période nettement
délimitée durant laquelle l'humeur est élevée de façon
persistante, expansive ou irritable, clairement différente
de l'humeur non dépressive habituelle, et ce tous les jours
pendant au moins 4 jours.
B. Au cours de cette période de perturbation de l'humeur, au
moins 3 des symptômes décrits plus haut dans le critère B
d'un épisode maniaque (4 si l'humeur est seulement
irritable) ont persisté avec une intensité significative.
C. L'épisode s'accompagne de modifications indiscutables du
fonctionnement, qui diffèrent de celui de la personne hors période
symptomatique.
D. La perturbation de l'humeur et la modification du
fonctionnement sont manifestes pour les autres.
E. La sévérité de l'épisode n'est pas suffisante pour
entraîner une altération marquée du fonctionnement
professionnel ou social, ou pour nécessiter
l'hospitalisation, et il n'existe pas de caractéristiques
psychotiques.
F. Les symptômes ne sont pas dus aux effets physiologiques
directs d'une substance ou d'une affection médicale
générale.
Les symptômes des troubles bipolaires ou cyclothymique
peuvent ressembler aux symptômes d'autres troubles. Seul un
professionnel est en mesure de porter le diagnostic.
(1) American Psychiatric Association, DSM-IV Manuel
diagnostique et statistique des troubles mentaux,
Masson, 1996 (version américaine 1994).