Qu'est-ce que le stress post-traumatique? PsychoMédia
- Publié le 08 octobre 2005
Le stress post-traumatique est un ensemble de réactions (ou symptômes) qui peut se
développer chez une personne après qu'elle ait vécu, été
témoin ou confrontée à un traumatisme, c'est-à-dire un
événement qui a provoqué la mort ou de sérieuses blessures ou
qui impliquait une menace de mort ou de graves blessures et qui a
suscité une peur intense, un sentiment d'impuissance ou
d'horreur. Un tel événement peut être un accident, une
agression violente, un viol, un hold-up, une prise d'otage, un
incendie, un tremblement de terre, une inondation, etc.
Une personne exposée à un événement d'une telle intensité peut
développer des symptômes caractéristiques qui comprennent :
1)
le fait de revivre l'événement en pensée de manière
persistante;
2) l'évitement des situations qui rappellent
l'événement avec un émoussement des réactions générales
(engourdissement, anesthésie émotionnelle); 3) une
hyperactivité.
Selon certaines études,
8 à 10 % de la population souffrirait à un moment ou à un
autre de leur vie d'un état de stress post-traumatique.
Le diagnostic de stress post-traumatique est utilisé lorsque la
perturbation persiste plus d'un mois. Dans le premier mois le diagnostic d'état de stress aigu est utilisé.
SYMPTÔMES
Voici
les critères du DSM IV (1) pour le diagnostic de l'état de stress post-traumatique:
A) La personne a
été exposée à un événement traumatique tel que défini plus
haut.
B) L'événement
traumatique est constamment revécu, de l'une (ou de plusieurs)
des façons suivantes:
1. souvenirs
répétitifs et envahissants de l'événement provoquant un
sentiment de détresse et comprenant des images, des pensées ou
des perceptions. Note: Chez les jeunes enfants, jeux répétitifs
exprimant des thèmes ou des aspects du traumatisme.
2. rêves
répétitifs concernant l'événement provoquant un sentiment de
détresse. Note: Chez les enfants, il peut s'agir de rêves
effrayants sans contenu reconnaissable.
3. impression ou
agissements soudains "comme si" l'événement
traumatique allait se reproduire (incluant le sentiment de
revivre l'événement, des illusions, des hallucinations et des
épisodes dissociatifs (flash-back), y compris ceux qui
surviennent au réveil ou au cours d'une intoxication). Note:
Chez les jeunes enfants, la remise en action peut se produire.
4. sentiment
intense de détresse psychique lors de l'exposition à des
indices internes ou externes évoquant ou ressemblant à un
aspect de l'événement traumatique (par ex., les dates
anniversaires, le temps froid ou le temps chaud, la neige,
certains endroits, certaines scènes à la télévision, etc.).
5. réactivité
physiologique lors de l'exposition à des indices internes ou
externes pouvant évoquer ou ressembler à un aspect de
l'événement traumatique.
C) Évitement
persistant des stimulus associés au traumatisme et émoussement
de la réactivité générale (non présente avant le
traumatisme) comme en témoigne la présence d'au moins trois des
manifestations suivantes:
1. efforts pour
éviter les pensées, les sentiments ou les conversations
associés au traumatisme.
2. efforts pour
éviter les activités, les endroits ou les gens qui éveillent
des souvenirs du traumatisme.
3. incapacité de
se rappeler un aspect important du traumatisme.
4. réduction
nette de l'intérêt pour des activités importantes ou bien
réduction de la participation à ces mêmes activités.
5. sentiment de
détachement d'autrui ou bien de devenir étranger par rapport
aux autres.
6. restriction des
affects (par ex., incapacité à éprouver des sentiments
tendres).
7. sentiment
d'avenir "bouché" (par ex., penser ne pas pouvoir
faire carrière, se marier, avoir des enfants, ou avoir un cours
normal de la vie).
D) Présence de
symptômes persistants traduisant une activation
neurovégétative (non présente avant le traumatisme) comme en
témoigne la présence d'au moins deux des manifestations
suivantes:
1. difficultés
d'endormissement ou sommeil interrompu
2. irritabilité
ou accès de colère
3. difficultés de
concentration
4. hypervigilance
5. réaction de
sursaut exagérée.
On
parle de stress post-traumatique lorsque la perturbation
entraîne une souffrance ou une altération du fonctionnement
social, professionnel ou dans d'autres domaines importants.
Le
souvenir de l'événement est souvent d'une extraordinaire
précision. Les gens disent revoir la scène comme s'ils y
étaient.
Les
symptômes de stress post-traumatique sont, de l'avis de
plusieurs chercheurs, le résultat de mécanismes d'adaptation de
l'organisme. Par exemple, les symptômes d'hypervigilance et
autres symptômes de suractivation physiologique se produisent
comme s'il fallait rester en alerte pour s'assurer de faire ce
qu'il faut et de prévenir tout autre danger. L'émoussement des
émotions et l'amnésie permettent de doser le stress à gérer,
etc.. Le problème, quand on ne se rétablit pas, est que ces
mécanismes se maintiennent alors qu'ils ne sont plus
nécessaires et qu'ils présentent trop d'inconvénients.
Il
arrive que ces symptômes de stress post-traumatique soient
accompagnés de symptômes physiques ou psychologiques
d'anxiété ou de panique (il s'agit d'hyperventilation) tels
que: palpitations, battements de cœur ou accélération du
rythme cardiaque, transpiration, tremblements ou secousses
musculaires, sensations de "souffle coupé" ou
impression d'étouffement, sensation d'étranglement, douleur ou
gêne thoracique, nausée ou gêne abdominale, sensation de
vertige, d'instabilité, de tête vide ou impression
d'évanouissement, déréalisation (sentiments d'irréalité) ou
dépersonnalisation (être détaché de soi), peur de perdre le
contrôle de soi ou de devenir fou, peur de mourir, sensations
d'engourdissement ou de picotements, frissons ou bouffées de
chaleur.
Ces symptômes apparaissent en raison du blocage de la
respiration qui se fait en réaction à l'anxiété. Ils sont
désagréables et souvent inquiétants mais ne sont pas
dangereux. Pour les atténuer, prenez le temps de respirer
lentement et profondément. Voyez également:
Comment contrôler une crise de panique (ou crise d'anxiété)
(1) American Psychiatric association, DSM-IV, Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux. Traduction française, Paris, Masson, 1996, 1056p