Traitement par médicaments de l'alcoolisme (dépendance à l'alcool) PsychoMédia
- Publié le 09 février 2006
Mise à jour 20 septembre 2008
Trois médicaments, ayant des modes d'action différents, sont approuvés en Europe et en Amérique du Nord pour le
traitement de l'alcoolisme. D'autres médicaments font l'objet d'essais cliniques et sont déjà utilisés "off-label".
Médicaments approuvés
Le Antabuse ou Esperal (disulfiram), développé il y a 55 ans, est un agent aversif qui inhibe le métabolisme de l'alcool. Il amène des réactions très désagréables à l'ingestion d'alcool, même en petite quantité: palpitations, nausées, vomissements. Il a une efficacité limitée car l'abandon du traitement est élevé. Il ne diminue pas l'envie ou le besoin de prendre de l'alcool.
Le ReVia, Depade, Nalorex ou Vivitrol (naltrexone), disponible depuis 1995, est un antagoniste de récepteurs d'opiacés du système nerveux. Il bloque l'effet euphorique de l'alcool. Cette médication débute après quelques jours d'abstinence. Une réduction du goût de prendre de l'alcool et des rechutes est rapportée lorsqu'il est utilisé pendant 3 à 6 mois. Puisqu'il bloque les récepteurs d'opiacés du système nerveux il peut amener des symptômes de sevrage sévères. Ce médicament est plus efficace lorsqu'utilisé de pair avec un counseling sur les techniques de prévention de la rechute.
Le Campral ou Aotal (acamprosate) a été approuvé en 2004 pour la maintenance de l'abstinence chez des personnes déjà abstinentes. Son mécanisme d'action n'est pas complètement compris. On croit qu'il interagit surtout avec le système du glutamate et restaure ainsi l'équilibre entre excitation et inhibition neuronales qui a été perturbé par l'alcool, réduisant ainsi le goût de boire et la rechute. Il ne prévient pas les symptômes de sevrage.