Les conflits dans les relations de couple PsychoMédia
- Publié le 06 mars 2006
Mise à jour: 14 mars 2008
Alors que la moitié des divorces se produisent dans
les sept premières années de mariage, des recherches montrent que
les gens sont généralement non seulement très
satisfaits de leurs relations au début mais aussi engagés
et optimistes par
rapport à l'avenir de leur relation. Il leur est difficile de s'imaginer
qu'elle pourrait se dégrader (Clements and al., 1997; Gottman et
Silver, 1999).
Pourquoi n'ont-ils pas été capables de maintenir leur satisfaction
et leur engagement alors ? Peut-on identifier des différences entre les
couples qui réussissent à vivre heureux et ceux
qui y échouent? Y a-t-il des facteurs qui sont
prédicteurs
du succès ou de l'échec des relations ? Des recherches ont récemment posé cette dernière question.
Dans ces recherches, plusieurs couples
ont été suivis pendant plusieurs années. Différentes caractéristiques
de leur relation (ex. leurs modes de communication lors de divergences,
leur niveau d'engagement, d'harmonie sexuelle, etc.) ont été observées
et mesurées. Après quelques années, alors que les
couples peuvaient se diviser en deux groupes, ceux qui se sont séparés
ou se considèraient malheureux et ceux qui étaient satisfaits de leur
relation, les chercheurs vérifiaient si l'appartenance à ces groupes étaient
reliée aux caractéristiques observées plusieurs années auparavant. Aurait-on pu prévoirquels couples allaient se séparer ?
Différentes équipes
de chercheurs dont celles de Clements et Markman (Clements, et al., 1997)
et de Gottman (Gottman et Silver, 1999) ont constaté que certaines
caractéristiques permettaient en effet, avec une précision
assez grande, de prédire les probabilités d'insatisfaction
et de séparation. Résultat étonnant, ils ont constaté
que les aspects positifs d'une relation qui débute tels que le niveau
d'engagement, d'harmonie sexuelle, d'intimité, de satisfaction,
etc. ne permettaient pas de prédire les probabilités de succès
d'une relation. Ce qui semblait prédicteur par contre, était la façon
dont les couples réagissaient aux divergences et aux conflits lorsqu'ils
se présentaient.
Pour tous les couples, des différences
et des conflits apparaissent inévitablement. Ils doivent décider
où vivre, comment diviser les tâches, comment gérer
l'argent, quelle carrière privilégier, comment répartir
leur temps de loisir, personnel et avec la famille, etc.. Les différences
dans les goûts, les besoins, les priorités et les idées
entre les partenaires amènent des conflits d'intérêts
souvent difficilement conciliables.
Selon ces recherches, ce n'est pas le fait d'avoir des conflits
qui serait prédicteur d'échec, ni le nombre, ni les domaines
de conflits. Les couples heureux après plusieurs années ont
aussi des sujets de mécontentement, des conflits non résolus
et des discussions parfois pénibles. Mais chez les couples qui se
retrouvent séparés ou insatisfaits, on observerait beaucoup plus
fréquemment certaines façons négatives de réagir
aux conflits qui s'avèrent néfastes. Elles enclenchent une
escalade où tout est interprété de façon de
plus en plus négative. Les pensées et les sentiments négatifs
envers l'autre deviennent envahissants au point que, dans le quotidien,
les aspects positifs de la relation perdent du terrain. Il ne reste plus
beaucoup d'amitié, c'est-à-dire de respect et de plaisir
d'être ensemble (Gottman et Silver, 1999).
L'échec des relations conjugales
serait ainsi dû, selon les chercheurs, à l'érosion des aspects positifs exercée
par les comportements négatifs. Un acte
négatif contrebalancerait plusieurs actes positifs (faire une activité
ensemble, faire l'amour, etc.). C'est ce qui ferait que les aspects
positifs ayant amené les partenaires à être ensemble
et qui alimentaient leur satisfaction dans les premiers temps ne permettraient
pas de prédire le succès de leur relation.