Un lien clair entre additifs alimentaires et hyperactivité chez les enfants PsychoMédia
- Publié le 06 septembre 2007
L'autorité britannique de surveillance des aliments informe les parents d'un lien
clair entre certains additifs alimentaires et l'hyperactivité chez les enfants.
Selon une étude de l'Université de Southampton (Grande-Bretagne), financée par la Food Standards Agency (FSA) et publiée dans la revue médicale The Lancet, la consommation de
certains colorants alimentaires artificiels (E110, E112, E124, ...) et l'agent de
conservation acide benzoïque (E211) qui sont ajoutés aux boissons, bonbons et
aliments préparés peut causer des comportements hyperactifs chez les enfants.
Le chercheur en psychologie Jim Stevenson et ses
collègues ont testé des colorants et l'acide benzoïque chez des enfants de trois,
sept et huit ans avec une méthodologie "en double aveugle" avec placebo (un groupe
reçoit les produits testés, un groupe de comparaison reçoit un produit inactif -le
placebo-, les participants ne savent ce qu'ils reçoivent).
Aucun des enfants participant à la recherche ne souffrait d'un trouble de déficit
de l'attention avec hyperactivité. Après avoir consommé un mélange contenant une
quantité d'additifs équivalente à celle que les enfants peuvent prendre en moyenne
quotidiennement pendant une semaine, plusieurs devenaient turbulents, manquaient
de concentration et étaient plus impulsifs.
Une étude parue en 2000 (l'étude Isle of Wight) montrait déjà que des changements
significatifs pouvaient être apportés dans le comportement des enfants en
éliminant les colorants et les additifs de leur alimentation et que tous les
enfants bénéficieraient de ces changements. La recherche montrait un lien entre
ces produits et des problèmes tels qu'une moins bonne concentration, de
l'hyperactivité ainsi que des réactions allergiques.
En mai dernier, les chercheurs avaient, avant la publication de leur recherche,
fait connaître leurs résultats. La FSA avait alors décidé de ne pas faire de
recommandation formelle tant que les résultats ne seraient pas publiés quelques
mois plus tard. On lui a reproché d'avoir manqué une occasion de protéger plus
rapidement les consommateurs.
L'avertissement lancé aux parents par la FSA est jugé insuffisant par divers
groupes. Ainsi, Richard Watts, du groupe de pression Sustain, considère que la FSA
devrait rapidement donner un délai aux compagnies alimentaires pour retirer ces
additifs de leurs produits et qu'il serait urgent d'interdire les publicités
télévisuelles de ces produits qui visent les enfants. Il
s'inquiète également des boissons disponibles dans les écoles.
Du côté de la FSA, on s'en remet à la Commission européenne pour prendre position.
Cette dernière a demandé à l'Autorité européenne de sécurité alimentaire
d'évaluer la recherche britannique afin de décider si des mesures doivent être
prises.
Alors que ces additifs sont couramment utilisés en Grande-Bretagne et approuvés
par l'Union européenne, certaines couleurs sont bannies dans les pays scandinaves
et aux États-Unis.
L'auteur de la recherche rappelle que les comportements hyperactifs peuvent aussi
être causés par des facteurs génétiques, environnementaux et émotionnels.