Prédire la schizophrénie PsychoMédia
- Publié le 17 février 2008
Des chercheurs américains ont identifié des facteurs qui, combinés,
permettraient de prédire, dans une grande proportion des cas, la schizophrénie chez les adolescents avant que la
maladie ne se manifeste.
Tyronne Cannon, de l'Université de Californie à Los Angeles, a suivi une
cohorte de 370 patients âgés en moyenne de 16 ans et ayant cherché des
traitements
pour des difficultés psychologiques.
Parmi les 291 jeunes ayant des «syndromes prodromaux» potentiellement
évocateurs de trouble psychotique, 35% ont développé une schizophrénie dans les deux ans et demi suivant la demande d'aide psychologique.
Lorsque cinq facteurs étaient combinés, le risque de devenir schizophrène était
de 80 %. Ces cinq facteurs étaient une histoire familiale de psychoses chez des
ascendants directs, une diminution récente de la performance sociale et
scolaire, l'apparition de pensées inhabituelles (penser que vous êtes le sujet
de toutes les conversations), une suspicion confinant à la paranoïa et l'usage
de drogues.
«Lorsque des adolescents ont des résultats scolaires en chute libre, et que
cela survient chez des jeunes ayant une histoire familiale de schizophrénie, et
que c'est associé à des changements brusques de leur perception du réel comme
des hallucinations visuelles ou auditives, c'est que la psychose est
imminente», a expliqué Tyronne Cannon.
Si les participants à l'étude croyaient être suivis, mais que l'on pouvait leur
montrer que cette crainte était infondée, il ne s'agissait que d'un facteur de
risque. Par contre, si cette croyance devenait une certitude inébranlable, les
chercheurs estiment que le sujet avait franchi une ligne jaune, un seuil
conduisant à la psychose.
(1) Ensemble de symptômes subcliniques ou partiels, c'est-à-dire qui ne
rencontrent pas les critères pour porter le diagnostic.