L'obésité liée à une moins grande activation des centres du plaisir du cerveau PsychoMédia
- Publié le 17 octobre 2008
Les personnes obèses attendraient plus de plaisir de la nourriture mais en obtiendraient
moins que les personnes minces selon une étude américaine publiée dans la revue Science.
Pour compenser elles mangeraient davantage.
Ces résultats ont été obtenus avec des images de l'activité des centres du plaisir du
cerveau (aussi appelés circuits de la récompense) chez des jeunes femmes obèses et minces
alors qu'elles se faisaient présenter une image de milkshake au chocolat ou goûtaient un
milkshake.
Eric Stice, chercheur en psychologie, et son équipe ont présenté à 43 étudiantes de 18 à 22
ans et 33 adolescentes de 14 à 18 ans des images d'un milkshake au chocolat. Plus elles avaient un indice de masse corporel (IMC) élevé, plus cette image amenait une grande activité des centres du plaisir.
Mais quand elles goûtaient un milkshake, celles ayant plus de poids
avaient une moins grande activité dans les centres du plaisir.
Le phénomème était plus marqué chez les personnes ayant une variation génétique qui réduit
la production de dopamine, un neurotransmetteur impliqué dans cette région du cerveau.
Les personnes qui portent cette variation ont davantage tendance à être obèses et même
lorsqu'elles ne sont pas obèses, elles obtiennent moins de plaisir de la nourriture, précise le chercheur, ce
qui les met à risque de trop manger.
Un phénomène de régulation pourrait créer un cercle vicieux selon Stice: plus les
personnes mangent, moins elles retirent de plaisir du fait de manger. L'obésité et le gain
de poids pourraient ainsi résulter d'une addiction aux aliments riches en énergie.
Pour Stice et d'autres chercheurs, il s'agit du même cercle vicieux, impliquant les mêmes
circuits du cerveau et la même prédisposition génétique, que chez les gens ayant une
addiction aux drogues.
L'obésité n'est pas seulement en lien avec les systèmes du cerveau qui régulent le métabolisme et contrôlent le poids de l'organisme mais aussi des systèmes du cerveau qui régulent le plaisir de manger, concluent certains chercheurs. Elle serait à la fois un trouble métabolique et un trouble addictif.
Les recherches actuelles de Stice examinent si le fonctionnement des circuits du plaisir peut se normaliser lorsque les personnes obèses arrêtent de manger des aliments riches en calories. Il a constaté que lorsqu'elles cessent de consommer ces aliments, leur goût d'en manger diminue, il n'augmente pas.