L'hormone ocytocine influence l'empathie et la réactivité au stress PsychoMédia
- Publié le 03 décembre 2009
Une variation du gène codant le récepteur de l'ocytocine (le gène OXTR) influence à la
fois l'aptitude à éprouver de l'empathie (la capacité d'inférer l'état mental des autres) et la
réactivité face au stress, selon une étude publiée dans les Proceedings of the
National Academy of Sciences (PNAS).
L'ocytocine, qui est à la fois
neurotransmetteur et
hormone, intervient dans l'accouchement (en provoquant des contractions de l'utérus), dans
l'allaitement et dans la sexualité. Des études ont aussi notamment montré qu'elle favorise l'attachement social, la confiance et la générosité et qu'elle réduit les
réponses émotionnelles négatives et le stress.
Les chercheuses en psychologie, Sarina Rodrigues (Université d'État de l'Oregon) et
Laura Saslow (Université de Californie à Berkeley) ont mené cette étude avec 200
étudiants, hommes et femmes, de niveau collégial.
Ils étaient soumis à des tests incluant un test standard de réactivité au stress
mesurant la réaction cardiaque à un bruit soudain. En général, les femmes étaient plus sensibles aux
tests de stress, mais chez les hommes et chez les femmes portant l'une de trois
variations possibles du gène, l'accélération du rythme cardiaque était moins
importante.
Ces derniers avaient également de meilleurs résultats à des tests d'empathie, dont le test "Reading the Mind in Eyes" (développé
par le cherheur Simon Baron-Cohen) qui mesure la capacité d'inférer l'état émotif
d'une personne par ses yeux, un test en général mieux réussi par les femmes que les hommes.
Ceux portant la
variation avaient 22% moins de chance de faire une erreur.
Les participants ont aussi évalué à quel point leurs parents étaient attentifs à eux. Le facteur génétique (héréditaire) semblait un meilleur prédicteur de la disposition à l'empathie que le style parental.
Les auteurs rappellent toutefois que plusieurs autres facteurs influencent la capacité d'empathie et qu'une tendance qui s'observe en moyenne dans une population ne se
retrouve pas nécessairement chez chaque individu.
Psychomédia avec sources: Science Daily
Los Angeles Times