Le prion (protéine) protège la myéline des nerfs PsychoMédia
- Publié le 25 janvier 2010
Le prion, qui est une protéine, pourrait jouer un rôle vital dans le maintien de la myéline, la
gaine qui entoure et protège les nerfs, selon une étude suisse publiée par la revue
Nature Neuroscience. Il est possible, disent les chercheurs qu'une absence du prion cause des
maladies du système nerveux périphérique liées à une atteinte de la myéline. La sclérose en plaques notamment est caractérisée par une perte de myéline attribuée à l'action du système immunitaire.
D'autres études avaient aussi indiqué que les prions pouvaient protéger contre
l'Alzheimer et joueraient un rôle dans le sens de l'odorat.
Une version anormale et pathogène du prion, responsable de la tremblante du mouton
(scrapie) et de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, a été découverte en 1982 par Stanley
Prusiner (prix Nobel de médecine en 1997). Aucune fonction n’avait été établie pour la protéine normale.
Des travaux menés au Japon avaient déjà montré que des souris sans prions souffraient de neuropathies, affections touchant les nerfs périphériques.
Ce qui a inspiré les recherches d'Adriano Aguzzi, Juliane Bremer et leurs collègues de
l’Hôpital universitaire de Zurich qui ont constaté que les prions normaux jouaient un
rôle crucial dans l’entretien de la myéline.
Chez des souris avec moins de prions, la myéline du système nerveux périphérique
(qui relie les membres et les organes à la moelle épinière et au cerveau) se dégrade
au bout de quelques semaines. La perte de myéline est liée à l’absence du prion dans
les
neurones (cellules nerveuses) eux-mêmes, et non dans les cellules de Schwann qui
fabriquent la myéline. L’absence de prions dans les cellules de Schwann n’avait pas
d’effet sur la myéline.
Les prions joueraient donc un rôle, non pas dans la fabrication
de myéline, mais dans la transmission d’informations depuis les neurones vers les
cellules de Schwann, lorsque la réparation de la myéline est nécessaire. Faute de
prions, la gaine protectrice ne serait pas réparée et se dégraderait.
Psychomédia avec sources: Le Nouvel Observateur
BBC