L'accès à l'IVG et à la contraception est encore compliqué en France PsychoMédia
- Publié le 01 février 2010
Le Mouvement français pour le Planning Familial interpelait la semaine dernière
l'Inspection Générale des Affaires Sociales (Igas) s'inquiétant des conditions
d'accès à l'interruption volontaire de grossesse (IVG) et s'étonnant de l'absence de
publication d'un rapport attendu sur ce sujet. La région Ile-de-France
interpelait également le gouvernement sur les fermetures récentes et à venir des centres IVG.
Ce rapport de l'Igas, dont AFP a obtenu copie, doit être remis mardi à la
ministre de la Santé, Mme Roselyne Bachelot. Trente-cinq ans après la loi Veil, qui
légalisait l'avortement, l'accès à l'IVG et à la contraception demeure compliqué en
France, constate le rapport.
L'Igas déplore que:
- les IVG tardives ne soient pas prises en charge partout;
- les délais demeurent longs dans certaines zones de fortes demandes, notamment les grandes villes;
- le nombre d'établissements pratiquant l'IVG soit passé de 729 en 2000 à 639 en 2006,
réduisant de fait le choix quant aux méthodes d'IVG ("peu attractive" financièrement, l'IVG chirurgicale est de moins en
moins pratiquée, note l'Igas, qui regrette un recours trop fréquent à l'IVG
médicamenteuse);
- un "niveau préoccupant" d'échecs des moyens de contraception (
dans 72% des IVG, les femmes étaient sous contraception) indique une
"inadéquation des méthodes et pratiques contraceptives", la diversification des modes
de vie, l'évolution des relations de couple n'étant pas suffisamment prises en compte
au moment de la prescription;
- le droit des jeunes à un accès autonome à la contraception soit dénié dans les faits
puisqu'ils doivent présenter la Carte vitale de leurs parents pour se faire
rembourser; le coût de la contraception est souvent trop élevé pour les jeunes;
- le recours à la "pilule du lendemain" soit "trop faible pour entraîner une
diminution du nombre d'avortements";
- l'Education nationale ne joue pas suffisamment son rôle en matière d'éducation
sexuelle, ce qui constitue pourtant une obligation légale depuis 2001.
- l'accessibilité aux centres de planification familiale demeure "limitée.
Le rapport suggère, alors que le recours à la pilule est particulièrement élevé en France, de "promouvoir les méthodes moins sujettes aux
problèmes d'observance", comme le stérilet.
Il prône aussi des campagnes de communication sur la contraception plus
fréquentes.
Mme Bachelot a indiqué vendredi qu'elle préparait des mesures pour garantir un égal
accès à l'avortement sur le territoire et promis une consultation médicale gratuite
et anonyme pour les mineures. Il est aussi prévu d'augmenter de 10% la rémunération des établissements pratiquant l'IVG.
Le nombre global d'interruptions volontaires de grossesse (IVG) est stable en France
depuis 2002: 210.000 par an selon une étude de la DREES (ministères de la Santé et
Affaires sociales) publiée en 2008, soit 14 IVG pour 1000 femmes de 15 à 49 ans; 40 % des Françaises auront recours à l'IVG au cours
de leur vie reproductive, rapportait en 2007 Nathalie Bajos, sociodémographe à
l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).
Psychomédia avec sources: Doctissimo, Le Figaro (AFP), Le Point (AFP)