Les mariages forcés connaissent un pic en période estivale

Libération présente, dans son édition du samedi 26 juillet, une série d'articles sur les mariages forcés.

Les mariages forcés connaissent un pic en période estivale et nombre de jeunes filles fuient leur famille pour trouver refuge auprès d'associations.

Alors que le phénomène est difficile à quantifier en france, il serait en augmentation aux Pays-Bas, où alarmée par le nombre croissant de jeunes filles fuyant leur domicile avant les grandes vacances,
une fondation, la Plateforme des associations musulmanes de Rotterdam (Spior), a lancé en 2004 une campagne de prévention, élargie le 1er mars à l’ensemble de l’Europe (la campagne «Main dans la main contre les mariages forcés»).

En France, quelques associations luttent contre le phénomène. L’antenne du Planning familial de l’Hérault organise depuis quatre ans l’hébergement, au sein de familles d’accueil, des jeunes femmes menacées par des mariages forcés. Pendant l’été, il est impossible pour l’association de faire face à toutes les demandes d’aides.

Une quarantaine de jeunes filles en ont bénéficié. Elles ont généralement entre 19 et 21 ans et sont binationales. La plupart ont leurs racines au Maghreb, mais les familles viennent aussi de Turquie ou du Mali.

" (...) Les jeunes filles n’ont pas connu la violence. Mais à un moment donné, le poids des traditions arrive", explique Fatima Bellaredj, présidente du mouvement héraultais. Une discussion entre membres de la famille, la promesse d’une grande fête «là-bas» ou même un silence suspect… beaucoup d’indices peuvent mettre la puce à l’oreille des jeunes femmes.

Le travail est difficile, car «ces filles mettent la honte sur la famille et portent ça sur leurs frêles épaules, décrit Fatima Bellaredj. Notre intérêt n’est pas la rupture familiale. Il faut surtout que les filles puissent formuler un "non" et c’est souvent compliqué. Quand il y a violence physique ou séquestration, là, par contre, pas question de discuter.»

Le bilan est difficile à établir, tant les exemples varient. Parfois, une jeune femme trouve un travail et un appartement, en à peine deux mois, puis renoue avec sa famille, mais seulement au téléphone. Certaines partent étudier dans d’autres villes. «Le pire des cas, c’est quand la fille demande à changer d’identité, se rappelle la présidente. Car, parfois, la menace de mort n’est pas loin.» Selon Françoise Imbert, directrice du Planning familial de l’Hérault. «la police révèle que parfois les familles ont de gros moyens et embauchent un détective pour retrouver leur fille».

Dans l'article "La misère grandit, les archaïsmes aussi", Catherine Coroller présente les propos de Hamida Ben Sadia, auteure d’ "Itinéraire d’une femme française : Clamart, Bab El-Oued, Epinay-sur-Seine".

Elle est née et a grandi en France. Et, à 16 ans, elle s'est retrouvée mariée, sans son consentement, lors d’un voyage en Algérie.

Pendant treize ans, elle a été enfermée là-bas dans des conditions de vie assez difficiles d’un point de vue domestique et culturel.

Dans «J’ai fui ma famille, mais je ne serai pas obligée de me marier», Sébastien Nègre a recueilli le témoignage d'une jeune femme de 20 ans, née en France dont les parents sont originaires du Madagascar:

"Un jour, j’ai décidé de partir pour de bon. Mais j’ai réfléchi avant de le faire, car c’est quand même ma famille. J’avais préparé mes affaires sans que personne ne s’en doute. J’étais bien organisée et j’ai suivi les conseils que le Planning familial m’avait donnés au téléphone. J’ai pris un grand sac, mon sac à main, mes papiers, mes habits et quelques photos. J’ai laissé un courrier à ma mère pour ne pas qu’elle s’inquiète et pour éviter un dépôt de plainte. Et je suis partie. Je suis allée à la gare et j’ai beaucoup pleuré. Mais je ne serai pas obligée de me marier."

PsychoMédia avec source:
Libération

Voyez également:

Campagne contre les mariages forcés à Paris (août 2006)
Des féministes musulmanes expliquent leurs revendications (nov 2006)
Les crimes d'honneur encore fréquents en Turquie malgré la législation (sept 2006)

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