Le « bruit rose », de plus en plus populaire pour favoriser l'endormissement, pourrait réduire une phase importante du sommeil, celle du sommeil paradoxal, et nuire à la récupération, selon une étude publiée en février 2026 dans la revue Sleep.
« Le sommeil paradoxal est important pour la consolidation de la mémoire, la régulation émotionnelle et le développement cérébral
», explique Mathias Basner de la faculté de médecine de l'Université de Pennsylvanie, auteur principal.
« Ces résultats suggèrent donc le bruit rose et d'autres types de bruit à large bande pendant le sommeil pourraient être nocifs, en particulier pour les enfants dont le cerveau est encore en développement et qui passent beaucoup plus de temps en sommeil paradoxal que les adultes.
»
Pendant sept nuits, les chercheurs ont observé 25 personnes en bonne santé, âgées de 21 à 41 ans, dans un laboratoire du sommeil. Elles ont dormi dans différentes conditions, notamment exposées au bruit des avions, au bruit rose, au bruit des avions combiné au bruit rose, et au bruit des avions avec des bouchons d'oreille.
Les stades du sommeil
Pendant le sommeil, il y a une alternance entre des phases de différentes profondeurs de sommeil et de sommeil paradoxal, rappellent les chercheurs. Le sommeil profond est essentiel à la récupération physique, à la consolidation de la mémoire et à l'élimination des toxines du cerveau. Le sommeil paradoxal, aussi appelé sommeil des rêves, est important pour la régulation émotionnelle, le développement de la motricité et le développement cérébral. Ainsi, le sommeil profond et le sommeil paradoxal se complètent. (Quels sont les stades du sommeil ?)
Qu'est-ce que le bruit rose ?
Le bruit rose est un type de bruit à large bande — un son continu réparti sur une large gamme de fréquences — qui paraît uniforme et statique. Le bruit à large bande comprend également le « bruit blanc » bien connu et d'autres types de bruit comme le « bruit brun » et le « bruit bleu ».
Les différentes couleurs de bruit se distinguent par leur contenu énergétique sur l'ensemble du spectre audible, ce qui détermine si elles sont perçues comme aiguës ou graves. Les sons de la nature, tels que le bruit de l'océan ou de la pluie, sont également des sons à large bande, tout comme de nombreux appareils ménagers, tels que les climatiseurs et les ventilateurs.
Résultats
L'exposition au bruit des avions, comparée à l'absence d'exposition, était associée à une diminution d'environ 23 minutes par nuit passée en sommeil profond (stade 3). Le port de bouchons d'oreilles atténuait largement cette diminution. Le bruit rose seul, à 50 décibels (souvent comparé au bruit d'une pluie modérée), était associé à une réduction de près de 19 minutes du sommeil paradoxal.
Les participants ont indiqué que leur sommeil leur paraissait plus léger, qu'ils se réveillaient plus fréquemment et que la qualité globale de leur sommeil était moins bonne lorsqu'ils étaient exposés au bruit des avions ou au bruit rose, comparativement aux nuits sans bruit, sauf s'ils utilisaient des bouchons d'oreille.
Si le bruit rose était combiné au bruit des avions, le sommeil profond et le sommeil paradoxal étaient plus courts que lors des nuits témoins sans bruit, et le temps passé éveillé était également prolongé de 15 minutes, ce qui n'avait pas été observé lors des nuits avec uniquement du bruit des avions ou uniquement du bruit rose.
Ces résultats suggèrent non seulement que les bouchons d’oreilles — utilisés par près de 16 % des Américains pour dormir — sont probablement efficaces, mais aussi que les effets globaux sur la santé du bruit rose et d’autres types de bruits à large bande utilisés comme « aides au sommeil » doivent être étudiés plus en profondeur, concluent les chercheurs.
Les jeunes enfants, comparativement aux adultes, passent beaucoup plus de temps en sommeil paradoxal et sont donc potentiellement particulièrement vulnérables aux effets néfastes du bruit rose, souligne Basner. Il est assez courant que les parents placent des appareils à bruit à large spectre près du lit de leurs nouveau-nés ou jeunes enfants, avec la bonne intention de les aider à s'endormir et à rester endormis.
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Psychomédia avec sources : University of Pennsylvania School of Medicine, Sleep.
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