En janvier 2026, l’American Psychiatric Association (APA) a présenté en conférence de presse la philosophie et les orientations du DSM-6, la prochaine édition du « Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux » (DSM). Ces approches sont également décrites dans une série de cinq articles publiés dans l'American Journal of Psychiatry.

Le DSM est utilisé internationalement par les psychiatres, les psychologues, les médecins, les chercheurs et les compagnies d'assurance.

La dernière édition, le DSM-5, a été publiée en 2013. Le DSM-6 est attendu vers 2030. Il ne s'agira pas d'une version papier, trop fixe, mais d'une édition évolutive en ligne. Plusieurs changements majeurs sont prévus.

Le futur modèle diagnostique du DSM, a expliqué Maria Oquendo, présidente du Comité stratégique de l'APA pour le futur manuel, propose une structure plus souple qui organise l'évaluation psychiatrique en tenant compte des quatre domaines suivants.

  1. Les facteurs contextuels

    La nouvelle édition devrait tenir compte des facteurs contextuels.

    Dans l'un des articles publiés en janvier 2026, les auteurs examinent le rôle du fonctionnement, la manière dont les symptômes interfèrent avec le travail, les activités quotidiennes, les relations et la qualité de vie, ainsi que le degré de satisfaction des personnes quant à leur bien-être physique, émotionnel et social.

    Les circonstances de la vie, y compris les déterminants socio-économiques, culturels et environnementaux de la santé et leur interaction, ont un impact sur le risque, la résilience, les symptômes et le rétablissement. Les auteurs suggèrent que ces aspects des expériences vécues soient systématiquement intégrés dans un diagnostic complet et la planification du traitement.

  2. Les biomarqueurs et les facteurs biologiques

    Les progrès réalisés dans les domaines de la génétique, de l'imagerie cérébrale, des marqueurs inflammatoires sanguins et des données numériques provenant d'appareils tels que les appareils portables commencent à révéler des schémas biologiques qui transcendent les diagnostics traditionnels. Les auteurs de l'un des articles proposent un processus structuré et dynamique visant à intégrer les nouvelles connaissances sur les facteurs biologiques dans le DSM, afin de fournir à terme des catégories diagnostiques fondées sur des bases biologiques.

  3. Les diagnostics

    Un changement majeur envisagé pour les diagnostics eux-mêmes est l'adoption d'approches dimensionnelles plutôt que catégorielles qui tiendraient notamment compte de la sévérité des symptômes contribuant aux diagnostics plutôt que de leur simple présence ou absence.

    Une telle approche a déjà été développée pour les troubles de la personnalité lors de la révision ayant mené au DSM-5 mais n'a pas été adoptée faute de consensus. Elle a néanmoins été publiée dans une section du manuel consacrée aux modèles en développement. En plus des traits de personnalité, ce modèle tient compte du fonctionnement de la personnalité dans les domaines de l'identité, l'autodétermination, l'empathie ou l'intimité. Les tests suivants ont été élaborés selon ce modèle :

  4. Les caractéristiques transdiagnostiques

    Un autre objectif est d'élaborer un cadre pour l'intégration de dimensions transdiagnostiques (facteurs, symptômes…). Ces dimensions sont susceptibles d'être essentielles pour identifier les concepts dont la physiopathologie peut être définie plus précisément. Ce qui est important car on craint fortement que les catégories actuelles du DSM n'entravent les progrès dans ce domaine.

Une autre grande classification des troubles mentaux est la Classification internationale des maladies (CIM-11) publiée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Pour plus d'informations, voyez les liens plus bas.

Psychomédia avec sources : American Psychiatric Association, Psychiatric Times, American Journal of Psychiatry.
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