À l'arrêt des antidépresseurs, une forte baisse de l'humeur et une augmentation de l'anxiété sont fréquentes. La question se pose : ces symptômes sont-ils dus au sevrage ou sont-ils les signes d'une rechute ?

Chez la plupart des gens, ce sont des effets du sevrage, selon une étude publiée en juillet 2026 dans la revue Psychotherapy and Psychosomatics.

Des chercheurs ont suivi plus de 30 patients suisses pendant une réduction progressive de leur dose d'antidépresseurs sur une période de six mois. De nombreux participants présentaient une aggravation de leur humeur et une augmentation de leur anxiété durant cette phase de réduction, les symptômes s'intensifiant après chaque diminution de la dose et se stabilisant une fois la dose maintenue stable.

« Il s’agit d’un schéma typique du sevrage plutôt que d’un épisode de dépression ou d’anxiété », explique Mark Horowitz, professeur de psychiatrie à l’université d’Adélaïde (Australie) et auteur principal de l’étude.

« Les symptômes de sevrage suivent généralement un schéma ondulatoire, s'intensifiant après une réduction de la dose et se stabilisant lorsque celle-ci est maintenue constante. La rechute, elle, ne fonctionne pas ainsi : elle a tendance à s'aggraver progressivement. »

« La baisse de moral et l’anxiété font partie des symptômes de sevrage les plus fréquents de ces médicaments et peuvent même survenir chez des personnes sans antécédents de troubles mentaux. Elles peuvent donc être confondues avec une réapparition de la pathologie sous-jacente. »

L'étude a montré une corrélation importante entre l’aggravation des symptômes de l’humeur et des symptômes physiques tels que maux de tête, vertiges et sensations de décharges électriques dans le cerveau. Ce qui n’est pas ce que l’on observe habituellement lors de la réapparition d’un trouble mental comme l’anxiété ou la dépression, ce qui indique que les patients souffrent très probablement de symptômes de sevrage médicamenteux plutôt que d’une rechute, expliquent les chercheurs.

L’arrêt des antidépresseurs peut être très difficile. Une augmentation des symptômes peut souvent être interprétée comme la preuve qu’un traitement à long terme est nécessaire, souligne le Dr Horowitz. Mais, il est de plus en plus évident que les effets du sevrage des antidépresseurs sont plus fréquents et plus graves qu’on ne le pensait auparavant.

Pour éviter cela, un processus de réduction progressive plus lent est nécessaire lors de l'arrêt ou de la diminution de la dose, précise-t-il. « Dans ma clinique, je vois des personnes qui se sentent prisonnières des antidépresseurs depuis des années, car toute tentative d'arrêt a provoqué des symptômes de sevrage insupportables », rapporte-t-il.

« Les cliniciens doivent être conscients que le risque de sevrage est probablement plus élevé que celui de rechute pendant la réduction des antidépresseurs. Une augmentation des symptômes devrait inciter à une réduction progressive et prudente de la posologie (…), plutôt que d'être considérée comme la preuve que le traitement médicamenteux doit être poursuivi à long terme. »

« Aux patients qui envisagent d’arrêter leur traitement, mon message est le suivant : n’arrêtez pas brutalement. Consultez un professionnel de santé compétent afin d’établir un sevrage progressif et accompagné, à l’aide d’une formulation liquide ou de gélules préparées sur mesure si nécessaire, pour atteindre les faibles doses requises. »

Au cours de cette étude, les tests suivants ont notamment été utilisés pour évaluer les symptômes de dépression et d'anxiété.

Ces résultats viennent s'ajouter aux preuves de plus en plus nombreuses issues de plusieurs études portant sur l'utilisation à long terme des antidépresseurs, souligne le communiqué des chercheurs.

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(1) Rebecca N.H. de Leeuw, Marieke L. Fransen et Martine Hoogman.

Psychomédia avec sources : Psychotherapy and Psychosomatics, Adelaide University.
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