On peut encore gagner des années d’espérance de vie en Europe. Les régions qui ont la meilleure longévité en apportent la preuve, année après année, rapporte une étude publiée en janvier 2026 dans la revue scientifique Nature Communications.
Mais, depuis le milieu des années 2000, dans certaines régions, l’allongement de l’espérance de vie est freiné par une mortalité autour de 65 ans qui ne recule plus, voire réaugmente.
L'étude, menée par Florian Bonnet de l’Ined et ses collègues du BiB (Federal Institute for Population Research) et du CNRS, a porté sur 450 régions d’Europe occidentale et près de 400 millions d’habitants entre 1992 et 2019.
Les régions avec l'espérance de vie la plus élevée
Elle montre «
que les régions où l’espérance de vie est la plus élevée continuent à gagner environ deux mois et demi d’espérance de vie par an pour les hommes, et un mois et demi pour les femmes, un rythme équivalent à celui observé durant les décennies précédentes. Parmi elles figuraient en 2019 les régions du nord de l’Italie, de la Suisse tout comme certaines provinces espagnoles.»«
Pour la France, on y retrouve des départements tels que Paris, les Hauts-de-Seine ou les Yvelines (aussi bien pour les hommes que pour les femmes) et les départements autour de l’Anjou et de la frontière suisse (uniquement pour les femmes). En 2019, l’espérance de vie y atteignait près de 83 ans pour les hommes, et 87 ans pour les femmes.»
Les régions les plus en difficulté
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Dans les régions les plus en difficulté, qu’il s’agisse de l’est de l’Allemagne, de la Wallonie en Belgique ou de certaines parties du Royaume-Uni les gains d’espérance de vie ont fortement ralenti, atteignant des niveaux quasiment nuls. On ne retrouve pas de départements français parmi ces régions pour les femmes, mais en ce qui concerne les hommes, les départements de la région Hauts-de-France y figurent.»
« Au final, l’Europe de la longévité est de plus en plus coupée en deux. D’un côté, des régions pionnières qui poursuivent leur progression ; de l’autre, des régions en retard où la dynamique s’essouffle, voire s’inverse.
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Le rôle de la mortalité entre 55 et 74 ans
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Nous pouvons affirmer que cette divergence régionale ne s’explique ni par l’évolution de la mortalité infantile (qui reste très faible) ni par l’évolution de la mortalité au-delà de 75 ans (qui continue de reculer un peu partout). Elle vient principalement de la mortalité autour de 65 ans.»
Depuis le milieu des années 2000, une Europe à deux vitesses émerge : tandis que certains territoires poursuivent leur progression, d’autres stagnent, voire reculent, notamment en raison d’une mortalité accrue entre 55 et 74 ans.
C’est notamment le cas de la plupart des départements du pourtour méditerranéen français pour les femmes, qui apparaissent en rose clair dans les cartes ci-dessous. C’est aussi le cas d’une grande partie de l’Allemagne.

Variation annuelle en pourcentage de la probabilité de décéder entre 55 et 74 ans chez les hommes (à gauche) et les femmes (à droite) dans 450 régions d’Europe occidentale, de 2018 à 2019. Source : The Conversation.
Les comportements à risque
Même si l'étude ne permet pas de cerner les causes précises de ces disparités, « la littérature récente nous permet d’avancer quelques pistes, qui devront être testées scientifiquement à l’avenir. Parmi elles, on retrouve les comportements à risque, notamment le tabagisme, mais aussi la consommation d’alcool, la mauvaise alimentation ou le manque d’activité physique qui sont autant de facteurs qui se concrétisent à ces âges.
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Pour plus d'informations, voyez les liens plus bas.
Psychomédia avec sources : CNRS, The Conversation, Nature Communications.
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