De nombreux médicaments couramment prescrits entraînent une « cascade de prescriptions potentiellement inappropriées » (CPPI) pour traiter leurs effets secondaires, montre une étude canadienne menée avec de nombreux experts internationaux, publiée en septembre 2026 dans The BMJ (The British Medical Journal).
Une telle cascade survient lorsqu'un effet secondaire d'un médicament est confondu avec un nouveau problème de santé, entraînant une nouvelle prescription qui n'était peut-être pas nécessaire.
Un exemple fréquent mis en évidence dans l'étude est celui des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Prescrits pour soulager la douleur, ces médicaments sont associés à une augmentation de la pression artérielle, ce qui peut conduire à une nouvelle prescription pour l'hypertension, plutôt qu'à une réévaluation du traitement analgésique initial.
« Ces enchaînements d'événements sont fréquents, mais souvent négligés en pratique clinique
», explique la Dre Paula Rochon de l'Université de Toronto et du Sinai Health. « Il est important de connaître les médicaments que vous prenez, la date de début du traitement et l'indication, afin de repérer d'éventuelles cascades de prescriptions problématiques.
»
« Les personnes âgées sont particulièrement vulnérables à ce phénomène car elles sont plus susceptibles de prendre plusieurs médicaments simultanément, en raison de pathologies multiples, ce qui complique la tâche des patients et des cliniciens pour établir un lien entre un nouveau symptôme et un médicament déjà prescrit.
»
Les femmes, particulièrement, est-il souligné, « sont plus susceptibles de souffrir de maladies chroniques que les hommes au cours de leur vie. Elles se voient prescrire davantage de médicaments et subissent plus fréquemment des effets indésirables. La prise simultanée de plusieurs médicaments les expose davantage au risque qu'un effet secondaire soit confondu avec un nouveau diagnostic plutôt que d'en identifier la cause.
»
L'étude a réuni une équipe internationale de leaders dans la recherche sur la prescription de médicaments et la médecine gériatrique des États-Unis, de Belgique, d'Italie, d'Israël et d'Irlande.
L'équipe avait préalablement établi une liste de 65 « cascades de prescriptions potentiellement inappropriées » (CPPI). À partir de cette liste et des données de prescription à l'échelle de la population de l'Ontario, une province canadienne, les chercheurs ont examiné chaque CPPI.
Cette analyse a permis d'identifier les 24 CPPI (voyez la table 4 de l'article du BMJ) les plus fréquents et susceptibles d'entraîner des effets indésirables. Parmi ces médicaments figurent notamment des médicaments contre la douleur, l'hypertension, le diabète, des antidépresseurs, des anticonvulsivants…
Ces résultats, estime la Dre Rochon, mettent en lumière une lacune qui s'installe insidieusement, une ordonnance à la fois. Trop souvent, les gens ne perçoivent pas le lien entre les différents événements.
Combler cette lacune « implique que les médecins prennent systématiquement en compte les antécédents médicamenteux du patient lors de chaque consultation, en s'intéressant non seulement aux médicaments qu'il prend actuellement, mais aussi aux raisons de la prescription initiale de chaque médicament et à la réelle nécessité du suivant
».
L'équipe de recherche propose deux pistes pour une meilleure gestion.
1. Des outils automatisés d'aide à la décision clinique pourraient être développés pour signaler en temps réel les enchaînements de prescriptions problématiques et inciter à une vérification préalable avant toute nouvelle prescription.
2. Une autre piste de solution est l'optimisation du rôle des pharmaciens au sein des équipes soignantes et leur intégration au processus de prescription, aux côtés des médecins. Leur expertise peut contribuer à identifier ces CPPI en vue d'une évaluation plus approfondie.
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Pour plus d'informations, voyez les liens plus bas.
(1) Rebecca N.H. de Leeuw, Marieke L. Fransen et Martine Hoogman.
Psychomédia avec sources : Sinai Health, TheBMJ (The British Medical Journal), Pharmacist.ca.
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