Une grande majorité des adultes atteints du trouble déficitaire de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) camouflent, à diverses occasions, leurs traits de TDAH afin de gérer les situations sociales et de s'intégrer, selon une étude publiée en juin 2026 dans la revue Research in Neurodiversity.

Marisa L. Mylett et ses collègues (1) de l'Université Simon Fraser (Canada) ont mené cette étude avec 202 adultes atteints du TDAH qui ont répondu à un questionnaire portant sur les motivations, les stratégies et les conséquences du camouflage des symptômes. (Symptômes sur lesquels repose le diagnostic de TDAH)

Par exemple, explique le communiqué des chercheurs, « une personne pourrait faire semblant d'être attentive, réprimer son envie de bouger, pratiquer à l'avance ses conversations ou trop se préparer pour les réunions afin de se conformer aux normes sociales ».

« Les stratégies de camouflage ou de dissimulation peuvent vous aider à vous faire une place sociale, dans vos relations ou au travail, mais elles laissent souvent les gens épuisés, déconnectés de leur véritable personnalité et moins proches des autres », explique Mylett.

« De nombreux participants ont fait état d'un compromis interne entre sécurité et expression authentique, qui peut refléter la stigmatisation et les réactions sociales négatives que les personnes atteintes de TDAH reçoivent souvent depuis l'enfance. »

« Plus de 91 % des participants ont déclaré dissimuler leurs symptômes de TDAH dans une certaine mesure. Plusieurs d'entre eux ont décrit comment ils se camouflaient au travail, dans les lieux publics et dans leurs relations personnelles pour s'intégrer socialement et être perçus comme compétents et sympathiques. Plusieurs masquaient également leurs symptômes pour éviter d'être jugés, rejetés ou discriminés. »

« Les stratégies courantes consistaient notamment à faire semblant, à imiter les autres, à trop se préparer, à éviter les situations sociales, à réprimer les impulsions comme l'agitation ou l'interruption, et à s'automédiquer. »

« Bien que le camouflage puisse faciliter les interactions quotidiennes, l'étude a montré qu'il entraîne souvent épuisement, anxiété, dépression et faible estime de soi. De nombreux participants ont également fait état de sentiments d'inauthenticité, du syndrome de l'imposteur et d'une incertitude quant à leur identité. »

« L'effort cognitif supplémentaire nécessaire pour masquer les symptômes du TDAH peut également aggraver les symptômes principaux, affectant l'attention, la mémoire et la concentration. Certains participants ont rapporté se sentir irritables ou anxieux et avoir besoin de plusieurs jours pour récupérer après des périodes de camouflage intense. »

Les résultats de l'étude suggèrent que le masquage peut aussi retarder le diagnostic et limiter l'accès au soutien.

« Nous devons comprendre à quel point leur quotidien est difficile, et combien d'efforts cognitifs ou d'énergie mentale ils déploient dans leur vie de tous les jours, afin de pouvoir les aider à trouver des moyens sains de gérer cela », souligne la chercheuse.

« Le camouflage peut être ancré dès les premières expériences, et apprendre à se démasquer peut prendre beaucoup de temps et d'efforts, mais les chercheurs affirment que le fardeau du changement ne devrait pas reposer sur l'individu. »

« Le constat que de nombreux adultes atteints de TDAH ont le sentiment de devoir se camoufler comme stratégie de survie suggère qu'il reste beaucoup à faire dans la société pour réduire la stigmatisation et faire évoluer les normes vers l'acceptation de la diversité des neurotypes », ajoute-t-elle.

Une étude de 2017, citée par les auteurs, avait montré un tel camouflage social chez les personnes atteintes d'autisme.

Mentionnons que, selon des chercheurs, le TDAH pourrait être plus difficile à diagnostiquer chez les femmes en raison d'une plus grande tendance à compenser et à camoufler.

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(1) Troy Q. Boucher et Grace Iarocci.

Psychomédia avec sources : Simon Fraser University, Research in Neurodiversity.
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