Jan Delhey de l'Université Otto-von-Guerickede Magdebourget (Allemagne) et ses collègues (1) se sont basés sur la « théorie sociologique des conceptions de la vie » qui postule l'existence d'une succession prévisible de défis existentiels accompagnant les transformations sociétales et, par conséquent, une évolution des conceptions sur ce qui constitue une vie réussie.
Les transformations sociales et les conceptions de la bonne vie
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La vie prospère
Avec le passage des sociétés traditionnelles aux sociétés modernes, généralement situé après la Seconde Guerre mondiale, l'idéal d'une vie prospère est devenu culturellement dominant.
La vie prospère s’articule autour de la réussite professionnelle et matérielle, d’une part, et de la reconnaissance et du prestige, d’autre part. La disposition associée, l’orientation vers le statut, dénote une focalisation sur l’extérieur, puisqu’elle recherche des objets extérieurs à l’individu : argent, biens de luxe, autorité ou estime. Les personnes en quête de statut adhèrent à la devise « plus on en a, mieux c’est » : plus de succès, un revenu plus élevé et une maison plus grande sont valorisés.
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La vie passionnante
Avec l'essor de la prospérité de masse, l'idéal s'est déplacé vers une conception d'une vie riche en expériences intéressantes, qualifiée de « vie passionnante ». La convergence vers cette conception se situe dans les années 1970/1980 marquées par le passage du matérialisme au post-matérialisme.
Bien que ce concept de vie privilégie la motivation intrinsèque plutôt que la motivation extrinsèque, il reste fondamentalement ancré dans le credo de la croissance, résumé par l'idée que « plus on vit d'expériences, mieux c'est ».
La vie passionnante se caractérise par le plaisir, la joie et la recherche de distraction et de stimulation. Voyager, assister à des événements, dîner au restaurant et consommer des médias de divertissement sont des expressions typiques de cette orientation.
Qu'est-ce qu'une bonne vie ? Au-delà de la vie heureuse ou significative, la richesse psychologique
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La vie confortable
Les aspects « sombres » des sociétés contemporaines (la vie frénétique, épuisante et stressante) ont entraîné le développement de l'idée qu'une bonne vie est une vie confortable. La « vie confortable » met l'accent sur le bien-être émotionnel, mental et physique. Son idéal est une existence détendue et sans stress qui valorise la lenteur et la pleine conscience.
Entre 2010 et 2020, le stress autodéclaré a augmenté dans la grande majorité des pays, mentionnent les auteurs. Cette conception s'inscrit dans le mouvement post-croissance qui a pour credo : « moins, c'est mieux », par exemple, réduire ses engagements professionnels et ne pas surcharger son temps libre d'activités, afin d'éviter un stress excessif.
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La vie durable
Le concept de vie durable a émergé en réaction à l'escalade des risques écologiques et à l'insoutenabilité des sociétés axées sur la croissance.
Cette approche valorise la protection de l'environnement et la sobriété au quotidien, et encourage la modération dans les activités de consommation personnelles afin de minimiser son empreinte écologique. Pour l'écologiste idéal, « moins, c'est mieux », ce qui reflète le credo du mouvement post-croissance.
La satisfaction de vie
Les chercheurs ont analysé des données issues de l'étude allemande GESIS 2023, représentative de la population adulte germanophone résidente.
Les résultats montrent que, dans la quête du bien-être, la réalisation concrète de ces conceptions (mode de vie) a plus de poids que leur simple aspiration, à l'exception de l'idéal de vie durable.
Au sein de la population générale et de la plupart des sous-populations, la vie passionnante offrait le gain de satisfaction le plus important, suivie de la vie confortable.
TEST : Êtes-vous satisfait(e) de votre vie ?
Ces résultats soulignent qu'il existe des voies variées pour mener une vie épanouissante, notent les auteurs.
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TEST : Quelles formes de bonheur vivez-vous… ou pas ? (Modèle PERMA)
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TEST : Qu'est-ce qui est le plus important pour vous ? (19 valeurs fondamentales)
Pour plus d'informations, voyez les liens plus bas.
(1) Stéphanie Hess et Christian Schneickert.
Psychomédia avec sources : Journal of Happiness Studies.
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