Certains symptômes du trouble déficit de l'attention et/ou hyperactivité (TDAH) pourraient être liés à l’intrusion d’ondes cérébrales lentes, habituellement observées lors du sommeil, pendant l’éveil, suggère une étude publiée en mars 2026 dans le Journal of Neurocience.

Le TDAH, qui touche environ 2,5 % des adultes, se manisfeste notamment par des oublis fréquents, des erreurs d’inattention ou des difficultés à maintenir son attention et à résister aux distractions. (Critères diagnostiques du TDAH)

TEST : Pourriez-vous être un adulte atteint du TDAH ?

Ce phénomène, appelé « sommeil local », pourrait expliquer les baisses d’attention et à la somnolence souvent observées chez les personnes atteintes de TDAH.

Des scientifiques de l’Inserm (1) au sein de l’Institut du Cerveau (France) et de l’Université Monash (Australie) ont comparé l’activité cérébrale de 32 adultes atteints de TDAH, sous traitement médicamenteux, à celle de 31 adultes neurotypiques, tandis que les participants réalisaient une tâche nécessitant une attention soutenue.

Une densité d’ondes lentes plus élevées chez les adultes atteints de TDAH

Les adultes atteints de TDAH présentent une densité significativement plus élevée d’ondes lentes, habituellement observées lors du sommeil profond.

  • Plus leur densité est élevée, plus les participants commettent d’erreurs d’inattention et présentent des temps de réaction plus lents ou plus variables, résume Thomas Andrillon, chercheur à l'Inserm.

  • Les participants atteints de TDAH rapportent également davantage d’épisodes de « vagabondage mental » (mind wandering) et de « blanc mental » (mind blanking), deux états directement corrélés à ces intrusions de sommeil local.

  • Par ailleurs, le niveau de fatigue ressenti par les participants augmente à mesure que ces ondes lentes s’accumulent au cours de l’effort attentionnel.

« L’intrusion d’ondes du sommeil est un phénomène parfaitement normal. Pensez à une longue course à pied : au bout d’un certain temps, la fatigue physique vous oblige à faire une pause. C’est la même chose pour la fatigue mentale : après une journée passée éveillée ou après une mauvaise nuit de sommeil, le cerveau fait aussi des pauses sous la forme d’ondes lentes. Ces brefs moments d’inactivité cérébrale surviennent chez tout le monde », explique le chercheur.

« Chez les personnes atteintes de TDAH, toutefois, cette activité est plus fréquente. Nos résultats suggèrent qu’elle pourrait constituer un mécanisme cérébral clé expliquant leurs difficultés à maintenir une attention et des performances stables au cours du temps. »

Cette découverte suggère en effet que le TDAH pourrait être, au moins en partie, un trouble de la régulation de l’éveil et de la vigilance. « Ces ondes de sommeil local pourraient devenir un biomarqueur clé pour le diagnostic », avance Thomas Andrillon.

Ces résultats pourraient également orienter le développement de nouvelles stratégies thérapeutiques, qu’elles soient pharmacologiques ou non médicamenteuses, notamment des interventions visant à améliorer la qualité du sommeil ou à stabiliser les mécanismes de vigilance.

« Chez les personnes neurotypiques, certaines recherches ont par exemple montré que la stimulation auditive pendant le sommeil peut renforcer les ondes lentes nocturnes, ce qui pourrait réduire l’apparition d’une activité cérébrale proche du sommeil durant l’éveil le lendemain. Une prochaine étape consistera à déterminer si cette approche pourrait également diminuer ces intrusions de sommeil local chez les personnes atteintes de TDAH », conclut Thomas Andrillon.

Pour plus d'informations sur le TDAH, voyez les liens plus bas.

(1) Institut national français de la santé et de la recherche médicale (Inserm)

Psychomédia avec sources : Inserm, Journal of Neuroscience, Society of Neuroscience, Science Daily.
Tous droits réservés.