Le café ne fait pas que donner de l'énergie. Qu'il soit caféiné ou décaféiné, il modifie la composition du microbiote intestinal, ce qui est associé à une amélioration de l'humeur et à une réduction du stress, montre une étude publiée en avril 2026 dans Nature Communications.

Le café est depuis longtemps associé à des bienfaits pour la santé mentale, mais les mécanismes biologiques en cause restent encore mal compris.

Cette étude s'est intéressée à l'impact du café sur l'axe microbiote-intestin-cerveau, c'est-à-dire la communication bidirectionnelle entre le microbiote intestinal et le cerveau.

John Cryan de l'University College Cork et ses collègues ont mené cette étude avec 31 consommateurs réguliers de café (3 à 5 tasses par jour) et 31 personnes n'en consommant pas.

Action sur le microbiote intestinal

Les participants ont d'abord cessé de consommer du café pendant deux semaines, ce qui a entraîné des modifications des métabolites produits par le microbiote intestinal.

Amélioration de l'humeur et réduction du stress

Le café a ensuite été réintroduit progressivement. La moitié des participants a reçu du café décaféiné. Les participants ne savaient pas s'ils consommaient du café caféiné ou décaféiné.

Les deux groupes ont rapporté une amélioration de leur humeur, avec notamment une diminution du stress, de la dépression et de l'impulsivité. Ces résultats suggèrent que le café peut améliorer l'humeur même sans caféine.

TEST : Quel est votre niveau de stress ressenti ?

Bactéries bénéfiques liées à la consommation de café

L'étude a identifié des bactéries spécifiques plus fréquentes chez les consommateurs de café. Les niveaux d'« Eggertella sp. » et de « Cryptobacterium curtum » étaient plus élevés chez les consommateurs réguliers de café. Ces bactéries influenceraient la production d'acide dans le système digestif et la synthèse des acides biliaires, ce qui pourrait contribuer à protéger contre les bactéries nocives et les infections.

Une augmentation des « Firmicutes », un groupe de bactéries précédemment associé à des émotions positives chez les femmes, a également été observée.

TEST : Quel est votre profil d'émotions positives et négatives ? (4 profils)

Anxiété, fonctions cérébrales, inflammation

Seuls les participants ayant consommé de la caféine ont constaté une réduction de leur anxiété, ainsi qu'une amélioration de leur attention et de leur vigilance. La caféine était également associée à un risque d'inflammation plus faible.

TEST : Souffrez-vous d'un trouble anxieux et/ou de dépression ?

Mais les améliorations de l'apprentissage et de la mémoire n'ont été observées que chez les participants ayant consommé du café décaféiné. Ce résultat suggère que des composés autres que la caféine, comme les polyphénols, pourraient être responsables de certains bienfaits cognitifs.

Impact plus large du café

« L'intérêt du public pour la santé intestinale a considérablement augmenté. La relation entre santé digestive et santé mentale est également de mieux en mieux comprise, mais les mécanismes à l'origine des effets du café sur cet axe intestin-cerveau restent flous », commente le chercheur.

« Nos résultats révèlent les réponses du microbiote et du système nerveux au café, ainsi que ses bienfaits potentiels à long terme pour un microbiote plus sain. Le café pourrait modifier l'activité collective des microbes et les métabolites qu'ils utilisent. »

« Le café est bien plus que de la caféine ; c’est un facteur alimentaire complexe qui interagit avec notre microbiote intestinal, notre métabolisme et même notre bien-être émotionnel », déclare-t-il.

Alimentation et humeur

Rappelons qu'une grande partie des neurotransmetteurs, tels que la sérotonine, qui jouent un rôle dans les émotions, n'est pas produite par le cerveau mais par le système digestif.

Psychiatrie nutritionnelle

La psychiatrie nutritionnelle, qui vise à intégrer l'alimentation dans les soins en santé mentale, est un domaine en pleine expansion.

Pour plus d'informations sur l'alimentation et la santé mentale, voyez les liens plus bas.

Voyez également :

Psychomédia avec sources : University College Cork, Nature Communications.
Tous droits réservés.