Chaque société possède ses propres règles sur les émotions qu'il est acceptable, ou non, de manifester dans différents contextes. Mais ces normes sociales demeurent peu étudiées et mal connues.

Afin de mieux les connaître, des chercheurs australiens ont mené une enquête, publiée en avril 2026 dans la revue Assessment, auprès d'un groupe de participants représentatif de la population australienne.

Conal Monaghan et ses collègues de l'Université nationale australienne ont interrogé plus de 500 participants et ont ensuite validé leurs résultats avec un 2e groupe de plus de 500 participants. Ils ont évalué leurs croyances sur l'acceptabilité de l'expression des émotions, allant de la suppression à l'amplification, dans quatre situations sociales, en combinant deux contextes (public vs privé) et deux types d'interlocuteurs (proches vs personnes inconnues).

Une liste de 24 émotions réparties en trois catégories était étudiée :

  • Les émotions affiliatives : admiration, compassion, joie, enthousiasme, bonheur, espoir, plaisir, fierté.

  • Les émotions perturbatrices : colère, ennui, dégoût, fureur, haine, irritation, jalousie, ressentiment.

  • Les émotions de vulnérabilité : désespoir, détresse, gêne, peur, culpabilité, se sentir blessé, tristesse, se sentir malheureux.

Il en est ressorti trois règles, selon la synthèse de la psychologue Susan Krauss Whitbourne sur le site Psychology Today.

  1. Règle n° 1 : Il est tout à fait approprié d’exprimer ses sentiments affiliatifs (sentiments positifs), même avec une amplification, que ce soit en public ou en privé, avec des personnes que vous connaissez bien ou pas.

  2. Règle n° 2 : Méfiez-vous de l'expression de vos émotions perturbatrices. Vous pouvez peut-être vous en tirer lorsque vous êtes en privé avec quelqu’un que vous connaissez bien, mais en général, la règle est la suivante : refoulez, refoulez, refoulez.

  3. Règle n° 3 : Gardez vos émotions de vulnérabilité pour vous. Vous serez moins pénalisé(e) dans un contexte privé, et parfois même public, mais vous serez jugé(e) négativement si vous le faites avec des personnes que vous connaissez peu, que ce soit en privé ou en public.

La violation la plus flagrante de ces règles concernait l'expression d'émotions perturbatrices en public, en présence de personnes que l'on ne connaît pas bien.

L'expression d'émotions de vulnérabilité, même en présence de personnes qui vous connaissent, est perçue négativement. Faire savoir à des amis proches ou à votre partenaire que vous avez peur, que vous vous sentez coupable, blessé(e) ou triste pourrait être considéré comme une légère transgression des règles. Mais alors, vous pourriez vous demander : que faire si votre partenaire amoureux(se) dit quelque chose (sans le vouloir) qui ravive vos insécurités ?

Dans leur interprétation des résultats, les auteurs proposent que vous pouvez faire savoir à votre partenaire que vous vous sentez blessé(e). Comme ils le soulignent, « dans les relations intimes et privées, les individus peuvent adopter des expressions plus détendues et sans filtre, tout en s’efforçant de maintenir une image sociale positive afin d’entretenir ces relations ». En d’autres termes, explique Susan Krauss Whitbourne, exprimez vos sentiments de tristesse ou de souffrance, mais replacez cette expression dans le contexte plus large de l’amour que vous éprouvez pour votre partenaire.

Les capacités de régulation des émotions et de contrôle de leur expression constituent l'une des composantes de l'intelligence émotionnelle.

Pour plus d'informations, voyez les liens plus bas.

Psychomédia avec sources : Assessment, Psychology Today.
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