Amour et sexualité: deux régions du cerveau

Pauline Gravel
Le Devoir, 3 juin 2005

"L'amour et le sexe font parfois chambre à part. Des images du cerveau de jeunes tourtereaux nous le confirment bel et bien. Deux régions du cerveau s'activent indépendamment quand le coeur s'enflamme et que le corps désire.

(...) Les chercheurs ont en fait observé, au moyen de la technique d'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle, le cerveau de 17 jeunes hommes et femmes qui se décrivaient comme étant éperdument amoureux d'une personne récemment rencontrée. Au moment où une photo de l'être aimé était présentée aux sujets, les chercheurs ont détecté une activation spécifique du noyau caudé et de l'aire tegmentale ventrale, deux régions situées au coeur du cerveau et formant le circuit de la récompense, une structure associée à la motivation visant à obtenir une récompense comme la richesse, l'amour, voire le plaisir que procurent certaines drogues.
«Le circuit de la récompense produit un médiateur chimique, appelé dopamine, qui est l'acteur clé dans cet intense désir qui foudroie les victimes du choc amoureux», précise Arthur Aron.

Le circuit permettant au désir sexuel de s'exprimer prend quant à lui racine dans une tout autre région du cerveau, l'hypothalamus, qui gère les fonctions de base que sont la faim, la soif et la régulation de la température corporelle.

(...) La passion amoureuse est l'une des expériences humaines les plus foudroyantes, affirment les chercheurs. Il ne fait aucun doute qu'elle est nettement plus puissante que le désir sexuel. Personne ne se suicidera si on oppose un refus à ses avances sexuelles, explique Arthur Aron. Par contre, de nombreuses personnes commettent des actes d'une rare violence si elles ont été repoussées par l'être aimé. En fait, des études indiquent que près de 40 % des amoureux abandonnés sombrent dans la dépression.

Les personnes dont l'amour survit au coup de foudre voient néanmoins leur cerveau changer, souligne Helen Fisher, anthropologue à l'université Rutgers, au New Jersey, coauteur de l'étude. L'intensité de l'activité du circuit de la récompense s'estompe au profit d'une nouvelle région du cerveau, le globus pallidus, associée quant à elle au sentiment d'attachement. (...)"

Source: Le Devoir

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