Lorsqu'un individu fait une démarche thérapeutique, il se présente à un professionnel de la relation d'aide avec une problématique qui touche son vécu intérieur, sa vie affective, relationnelle, sociale, sexuelle etc... L'individu qui me contacte par courriel a les mêmes caractéristiques.
Lorsqu'un individu fait une démarche thérapeutique, il a comme objectif de se départir de cette problématique qui lui empoisonne la vie, tout en apprenant par le fait même, différents moyens de repenser ses valeurs, ses choix de vie, ses modes de fonctionnement etc... L'individu qui me contacte par courriel ou IRC a le même objectif.
Lorsqu'un individu fait une démarche thérapeutique, il est appelé à se dévoiler, se confier, faire confiance à un tiers afin de décrire ce qu'il vit et être réceptif aux suggestions proposées dans le but de voir d'un oeil différent, la situation qui le préoccupe. L'individu qui me contacte par courriel ou IRC doit faire la même démarche.
Lorsqu'un individu fait une démarche thérapeutique, il doit puiser en lui-même afin de trouver des pistes de réflexion et de solution qui lui permettront de mieux comprendre sa problématique et ainsi, mieux comprendre quelles alternatives s'offrent à lui dans le but de remédier à cette situation. Il doit s'ouvrir à la connaissance de soi. L'individu qui me contacte par courriel ou IRC aura à faire ce même travail.
Lorsqu'un individu fait une démarche thérapeutique, il pourra être appelé à effectuer certains exercices ; à confronter certaines de ses idées et perceptions d'une situation donnée ; être le plus honnête possible en ce qui a trait à son vécu personnel afin de permettre au thérapeute, une meilleure compréhension de son individualité. Ces facteurs sont essentiels à l'établissement d'un plan de traitement adapté et individualisé. Encore une fois, l'individu qui me contacte par courriel ou IRC aura à répondre aux même critères.
POUR MIEUX COMPRENDRE LES ÉLÉMENTS ÉVOQUÉS PAR LES DISSIDENTS
Ceux qui critiquent fortement la notion de THÉRAPIE lorsqu'il s'agit de l'Internet croient que ce médium est LIMITATIF. Nous ne voyons pas la personne qui nous consulte ; on n'a pas accès à l'expression non verbale et on ne peut jamais être assuré de la véracité des propos tenus lors d'un entretien "virtuel". Voici mon avis sur ces trois éléments de controverse :
VOIR LA PERSONNE :
Peut-on effectuer un travail thérapeutique avec une personne non voyante ? Une personne non voyante peut-elle être thérapeute ? Qui oserait affirmer que le fait de ne pas bénéficier du sens de la vue serait un obstacle définitif à la pratique de la psychothérapie...
Bien sûr, le fait de voir la personne devant soi est un énorme atout. Cependant, mon expérience en tant que sexologue (thérapeute) sur Internet me porte à croire que le fait de ne pas voir la personne qui me consulte me force justement à développer d'autres façons de percevoir les éléments essentiels à la bonne marche de mon travail avec elle.
L'EXPRESSION NON VERBALE :
Élément fort pertinent dans tout travail psychothérapeutique, la capacité de lire le langage non verbal de la personne qui nous consulte nous donne souvent l'occasion de voir et comprendre une grande partie du vécu de la personne. Si les mots prononcés nous semblent étranges, le langage non verbal lui, ne ment pas... Nous voyons dans le corps de notre interlocuteur, des indices de ce qu'il vit à l'intérieur de lui, même si son discours verbal peut sembler suggérer le contraire.
Ce langage non verbal est absent des consultations sur Internet... l'est-il vraiment ? La précision de plus en plus intéressante des logiciels informatiques (principalement ceux qui permettent l'échange en mode IRC) nous donne accès à une foule de possibilités techniques permettant un dévoilement émotif par l'entremise du texte ou de l'image. L'utilisation des "smileys" (petits visages dessinés au moyen des caractères du clavier d'ordinateur) donne l'opportunité de dévoiler une partie du langage non verbal en utilisant les touches de notre clavier. En voici quelques exemples : [Penchez votre tête sur le côté gauche pour voir le visage et l'expression qu'il véhicule]
|
smileys: |
|
Lors d'une consultation thérapeutique sur
Internet, les usagers (habitués) de ce médium auront recours à ces "smileys" de façon
quasi-naturelle pour exprimer une émotion ou attacher à leur discours, un aspect émotif qu'on ne saurait voir de façon aussi précise, si seul
le texte faisait lieu de dévoilement. Certains logiciels IRC ont même prévu des petites icônes démontrant les différentes expressions faciales
potentiellement utilisées lors d'une conversation (référence : http://www.icq.com). Inutile de dire que ces outils sont utilisés
régulièrement dans les séances de relation d'aide "virtuelle"... Nous n'avons pas accès à tous les mouvements corporels pouvant être exhibés
lors d'un contact face à face, mais de là à dire que l'Internet n'offre QUE le texte, je ne suis plus aussi rapide à tirer cette conclusion que
je ne l'étais il y a quelques années.
LA VÉRACITÉ DES PROPOS
Lorsque les gens apprennent que je travaille avec l'Internet dans un but de relation d'aide, une des premières questions qu'ils me posent est la
suivante : "Tu n'as pas peur de te faire raconter des histoires ?" Il est vrai qu'il n'est jamais possible d'être assuré à 100% de la véracité
des propos tenus par les usagers de l'internet. Mais peut-on être assuré à 100% de tous les propos des gens qu'on voit en personne ?
L'expérience démontre bien que les gens ne disent pas la vérité PURE à toute occasion et en toute circonstance... et ce, en personne comme
devant un écran d'ordinateur. Lors de discussions de groupe en mode IRC pour lesquelles les usagers n'ont aucun investissement au bâton, la
blague peut être à l'honneur et le manque de sérieux de certaines de ces discussions publiques peut contribuer justement à cette vision négative
du potentiel aidant de l'Internet dans la relation d'aide. Le son de cloche est tout autre lorsqu'il s'agit de consultation PRIVÉES et
TARIFÉES entre un-e bénéficiaire et un-e thérapeute. Entre vous et moi,
si une personne choisit consciemment de payer et de prendre le temps de m'écrire de façon assidue et régulière sur une problématique donnée (les
consultations sur Internet respectent approximativement les mêmes règles d'assiduité et de ponctualité que la relation d'aide face à face) dans
le but de me raconter des histoires, c'est SON problème à elle et je n'ai rien à me reprocher car j'offre à cette personne, un service
professionnel et personnalisé, comme si elle était devant moi, dans mon bureau. Il ne m'est jamais arrivé en plus de deux ans, d'avoir
l'impression de me faire berner lors de consultations privées sur internet. En tant que thérapeute, je pense que la probabilité de se
faire raconter des histoires par un-e client-e sur Internet est sensiblement la même qu'en cabinet privé... Je crois fortement que les
gens qui ont envie de blaguer ne s'engageront jamais dans une démarche de consultation virtuelle moyennant des honoraires professionnels. Les
praticiens de la relation d'aide sont souvent inconfortable avec l'aspect pécuniaire de la profession, mais il n'en demeure pas moins que
l'investissement financier inhérent à une telle démarche donne souvent une bonne indication du degré de motivation des gens à vouloir atteindre
leurs objectifs de croissance personnelle (mais cela est un autre débat).
J'ajouterais que malgré la froideur apparente d'un écran d'ordinateur, n'importe quel habitué de la navigation sur
Internet (et particulièrement du "chat") vous dira qu'il est possible de ressentir
des émotions diverses lors une conversation virtuelle. À mon humble avis, il est faux de croire que le fait de communiquer par texte
seulement nous prive de tout l'aspect émotif du vécu des usagers. Lorsque les gens me consultent pas l'entremise de l'Internet, je peux
vous assurer qu'ils vivent des émotions et il m'arrive d'en vivre à mon tour. Je suis tout aussi touchée de lire le message d'un client virtuel
qui me dit à quel point ma dernière réflexion lui parle, que je le suis lorsque le même phénomène se produit dans mon bureau. J'ai la totale
conviction que j'aide mes clients virtuels à avancer autant que mes clients réels... Il m'est même arrivé à quelques reprises d'avoir le
sentiment que certains de mes clients virtuels progressaient plus rapidement dans leur démarche, que certaines personnes que je rencontre
en personne. Faudrait- il repenser l'utilisation du mot "virtuel" lors de la référence à ces personnes qui utilisent l'Internet comme mode de
communication thérapeutique? N'oublions pas que derrière la confidence et le dévoilement qui se présentent à mon écran d'ordinateur, se trouve
une VRAIE personne responsable d'avoir écrit les mots que j'ai le privilège de lire !
CONCLUSION
Comment conclure un tel article sur un tel sujet d'une telle nouveauté dans l'histoire de l'humanité ? Comment conclure sinon que de dire que
c'est le temps qui nous confirmera ou infirmera l'idée que l'Internet sera une option permanente dans le choix d'une démarche thérapeutique
pour tout individu sensibilisé à mieux se comprendre. On parle encore de la relation d'aide virtuelle comme étant un phénomène nouveau. Et
comme je le mentionnais dans mon premier article sur le sujet, à chaque nouvelle invention ses dissidents... Une chose est absolument certaine
pour moi maintenant : Moins une personne est familière avec l'Internet, plus forte sera sa critique. À l'opposé, plus on conscientise les
bénéfices potentiels du travail "virtuel", moins on réussit à trouver d'arguments solides pour en minimiser l'efficacité et mettre en doute la
qualité des services qu'ont peut y retrouver. Mais n'est-ce pas là une caractéristique bien humaine ? Ne critique-t-on pas plus rapidement ce
qu'on connaît le moins ?
Josée Leboeuf, M.A.
;-)
Sexologue clinicienne et psychothérapeute
Mars 2000
(RÉVISION DE L'ARTICLE : Réflexion sur la place de
l'Internet dans la
relation d'aide)
|
Tous droits réservés par Josée Leboeuf |

SIDA: efficacité et risques du Truvada pour la prévention
Les types de gras et non la quantité totale liés à la mémoire et aux capacités mentales
À calories égales, manger de soir et de nuit ferait prendre plus de poids
Les parents seraient plus heureux
Les oméga-3 réduiraient les dommages cérébraux causés par le sucre
DMS-5 : la définition des maladies mentales ne doit pas être laissée aux seuls psychiatres, estiment certains
Le sommeil atténue la disposition génétique à la prise de poids
Stress et détresse psychologique des agriculteurs
Deux clés pour devenir plus heureux et le rester
DSM-5: deux diagnostics controversés sont retirés
Les antidépresseurs font plus de mal que de bien, estiment des chercheurs
Cancer du sein: abandonner les buts inatteignables et en fixer de nouveaux favorise le bien-être
Apprendre avant le sommeil favorise la mémorisation
Antipsychotiques, antidépresseurs et anticonvulsivants largement prescrits de façon non conforme au Québec
80e congrès de l'Acfas (Association francophone pour le savoir)
États généraux de l'action et de l'analyse féministes, 25 et 26 mai à Québec
TEST : Évaluez votre niveau d'intelligence émotionnelle
TEST : Perte de mémoire normale, déficit cognitif léger, maladie d'Alzheimer ?
De l'ignorance à la confiance envers les gouvernements
DOSSIER: Stress et anxiété
DOSSIER: Maigrir sainement
Insomnie: 4 façons de ralentir avant le coucher afin de favoriser le sommeil
Quels sont les différents types de psychothérapie ?
DOSSIER La psychothérapie pour le traitement de la dépression
Dépression, trouble bipolaire: les neuroleptiques prescrits sans tenir compte du poids et des facteurs de diabète
Les médecins ne meurent pas comme plusieurs: ils évitent les traitements excessifs
Les antidépresseurs entraîneraient une dépendance et un sevrage
