Le bonheur comme mesure de progrès des sociétés: à l'étude à l'OCDE

Comment mesurer le progrès des sociétés? Les récents développement dans l'étude du bonheur et de la satisfaction ouvrent la porte, considèrent certains, à un nouveau paradigme qui verrait le bonheur des populations plutôt que le revenu national comme mesure de progrès et comme cible pour les actions gouvernementales.

Cette question a été le thème de la conférence internationale
de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), avec le concours de la Banque d'Italie et du Centre de Recherche Commun de la commission européenne, "Peut-on mesurer le bonheur et que signifient ces mesures pour l'action publique?" qui a eu lieu les 2 et 3 avril à Rome.

Cette conférence s'inscrivait dans les préparatifs du deuxième forum mondial de l'OCDE qui se tiendra en juin en Istambul en coopération avec la Commission Européenne, l'Organisation de la conférence islamique, les Nations Unies et la Banque Mondiale.

Pour tenir compte de la qualité de vie, les mesures du progrès doivent intégrer non seulement les indicateurs économiques tels que le PIB, mais aussi les préoccupations environnementales ou sociales.

Le revenu national par habitant ne peut seul rendre compte du progrès. Par exemple, grâce au pétrole, la Guinée équatoriale a un PIB par tête identique à celui de la Grèce. Mais un taux de mortalité infantile près de trente fois supérieur.

Depuis 1990, dans le cadre du programme pour le développement (PNUD), l'ONU calcule et publie tous les ans un indicateur de développement humain. En plus du PIB, cet indicateur tient compte, entre autres, de l'espérance de vie et du niveau de formation. Selon le dernier classement, la Norvège présente le meilleur indice tandis que les Etats-Unis sont repoussés au 10ème rang, soit 6 places de moins que dans le classement prenant uniquement en compte le PIB/habitant. La France arrive 16ème.

L'OCDE veut aller plus loin : évaluer le bonheur (satisfaction ou bien-être subjectif) des habitants d'un pays grâce à des indicateurs plus fins.

Mais créer un indice du bonheur suppose de définir ce qu'est un pays heureux. « Un pays où l'on vit en paix et en sécurité, où l'on vit en liberté et où les droits de l'homme sont respectés, avec une qualité de vie importante, et où la recherche, la formation, l'information, la communication et la culture sont partagée par tous », considère Pierre Leroy, rédacteur en chef de la revue Globeco. D'où l'idée de sélectionner pour ces quatre chapitres, une dizaine d'indicateurs émanant de sources crédibles comme le PNUD, la Banque mondiale, l'OMS, le HCR ou encore Amnesty International.

Pour sa part, l'OCDE tient à jour à l'échelle internationale, d'autres indicateurs pertinents pour se prononcer : espérance de vie, mortalité infantile, obésité, niveau des dépenses de santé publiques et privées, chômage des jeunes, inégalités de revenus, population carcérale, réseau de transport, violence routière ainsi que les équipements culturels et de loisirs.

Sources:
LExpansion.com
OCDE

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