Le trouble explosif intermittent est caractérisé par des crises d'agressivité impulsives (ou basées sur la colère) récurrentes qui ont généralement un début rapide et peu ou pas de signes annonciateurs.

Les crises durent généralement moins de 30 minutes et se produisent en réponse à une provocation mineure par une personne intime ou un proche collaborateur.

Les personnes atteintes du trouble ont souvent des épisodes moins sévères d'agression verbale ou physique qui ne détruisent pas les biens ou ne causent pas de blessures (critère Al plus bas) entre des épisodes plus sévèrement destructeurs et violents (critère A2).

Voici les critères diagnostiques du DSM-5 (1) pour ce trouble (traduction libre de Psychomédia) :

  1. Crises comportementales récurrentes représentant une incapacité à contrôler les pulsions agressives comme manifeste par un ou l'autre des éléments suivants :

    1. Agression verbale (par exemple, crises de colère, tirades, arguments verbaux ou bagarres) ou agression physique envers la propriété, des animaux, ou d'autres personnes, qui se produisent deux fois par semaine, en moyenne, pendant une période de 3 mois. L'agression physique n'entraîne pas de dommage ou de destruction de biens et de blessure physique à des animaux ou d'autres personnes.

    2. Trois crises comportementales impliquant des dommages ou la destruction de biens et/ou des agressions contre des animaux ou d'autres personnes ayant entraîné des blessures physiques s'étant produites dans une période de 12 mois.

  2. Le niveau d'agressivité exprimé lors des explosions récurrentes est manifestement hors de proportion par rapport à la provocation ou aux facteurs de stress psychosociaux déclencheurs.

  3. Les crises d'agressivité récurrentes ne sont pas préméditées (c'est-à-dire qu'elles sont impulsives et/ou basées sur la colère) et ne résultent pas d'un calcul pour atteindre un objectif tangible (par exemple, argent, pouvoir, intimidation).

  4. Les crises d'agressivité récurrentes provoquent soit une détresse marquée chez l'individu ou une altération du fonctionnement professionnel ou interpersonnel, ou sont associées à des conséquences financières ou juridiques.

  5. L'âge chronologique est d'au moins 6 ans (ou un niveau de développement équivalent).

  6. Les crises d'agressivité récurrentes ne sont pas mieux expliquées par un autre trouble mental (par exemple, trouble dépressif majeur, trouble bipolaire, trouble disruptif de dysrégulation de l'humeur, trouble psychotique, trouble de la personnalité antisociale, trouble de la personnalité limite ou borderline) et ne sont pas imputables à une autre condition médicale (par exemple, traumatisme crânien, maladie d'Alzheimer) ou aux effets physiologiques d'une substance (par exemple, drogue d'abus, médicament). Pour les enfants de 6 à 18 ans, un comportement agressif qui se produit dans le cadre d'un trouble d'adaptation ne devrait pas être considéré pour ce diagnostic.

Remarque : Ce diagnostic peut être posé en plus des diagnostics de déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), trouble des conduites, trouble oppositionnel avec provocation, ou trouble du spectre autistique, lorsque des crises d'agressivité impulsives récurrentes sont en excès par rapport à celles habituellement observées dans ces troubles et requièrent une attention clinique indépendante.

La prévalence, sur un an, serait d'environ 2,7 % de la population américaine, précise le DSM-5.

(1) DSM-5, Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (« Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders »), publié par l'American Psychiatric Association en 2013.

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