Le ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, a affirmé dimanche dernier sur France info qu'il souhaitait dès la prochaine rentrée assouplir la carte scolaire qui scolarise les enfants dans les écoles et collèges de leurs quartiers.

La carte scolaire a été créée il y a quarante-trois ans pour assurer une mixité sociale.

"Il faudrait que nous puissions assouplir dès la rentrée prochaine (...) de l'ordre de 10 ou 20% des affectations qui sont concernées par cette carte", a-t-il expliqué en précisant, qu'à moyen terme, il faudrait "supprimer" la carte scolaire. On ne peut pas régler une question aussi complexe du jour au lendemain, a-t-il précisé.

Pour le ministre, "la carte scolaire, ce n'est pas en soi, dans son principe, une mauvaise décision, sauf que ça ne marche plus. Ne subissent la carte scolaire que ceux qui n'ont pas les moyens d'y échapper, ceux qui n'ont pas des parents qui connaissent les systèmes ou qui ont beaucoup d'argent. Donc c'est un système très injuste".

"Ce seront les établissements scolaires qui veilleront à la diversification sociale et géographique de leurs effectifs par des dispositifs nouveaux qui seront beaucoup plus justes", a-t-il ajouté.

Pour ses détracteurs, la carte scolaire favorise ceux qui sont déjà les plus favorisés, ceux qui peuvent acheter un logement dans la bonne zone ou qui ont des relations suffisantes. Ils défendent donc sa suppression ou son réaménagement pour que la sélection se fasse par le mérite et non par l'argent ou les relations.

M. de Robien avait déjà permis une dérogation à tous les titulaires de la mention très bien au brevet et qui sont originaires d'une ZEP. Une dérogation dont 12 % des collégiens concernés ont profité pour la rentrée 2006.

En mars dernier, lors d'un meeting à Douai (Nord), Nicolas Sarkozy avait estimé que la carte scolaire «était une fatalité pour ceux qui n'ont pas les moyens ou les relations pour s'en affranchir». Regrettant que l'école «soit devenue un lieu de reproduction des inégalités sociales», il s'était prononcé pour «la liberté du choix de l'établissement pour toutes les familles». À l'automne, il préconisait "un choix entre trois établissements", accompagné d'une aide aux élèves en difficulté.

Ségolène Royal de son côté, affirmait lors des primaires de son parti que la carte scolaire "fige et cristallise les inégalités". Elle proposait aussi un "assouplissement" et le choix entre plusieurs établissements.

Plusieurs craignent toutefois que l'abandon de la carte scolaire amplifie la concurrence entre les écoles et contribue à approfondir le fossé entre les bons et mauvais établissements.

Selon Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des Selon négalités, l'assouplissement de la carte scolaire va renforcer les inégalités au profit des catégories diplômées.

Il s'interroge sur l'établisement des critères des établissements scolaires qui devront veiller à la diversification sociale et géographique de leurs effectifs.

La véritable hypocrisie, à son avis, c’est celle des zones d’éducation prioritaires (ZEP) dont on estime qu’elles sont un échec alors qu’elles n’ont jamais eu les moyens de faire la différence.

Sources:
Le Nouvel Observateur
Le Figaro
Libération
Le Monde
Observatoire des inégalités