Les phtalates, des perturbateurs endocriniens qui se trouvent dans les plastiques (PVC, chlorure de polyvinyle), l'alimentation, les cosmétiques, les médicaments, le matériel médical, l'air et les poussières intérieures…), entraînent chez l'homme une inhibition de la production de la testostérone, ont montré trois équipes de chercheurs français dont les travaux sont présentés dans la revue Human Reproduction. Jusqu'ici, cet effet était montré sur le fœtus humain ou le rongeur.

Des études menées dans différents pays ont montré une imprégnation de la population, dépassant la dose journalière admissible recommandée par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA).

Plusieurs études menées chez le rat, au stade fœtal ou avant la puberté, ont montré, dès la fin des années 1990, que les phtalates pouvaient inhiber la synthèse de testostérone par les testicules et entraîner des anomalies de l'appareil génital. Chez les rats déjà pubères, les phtalates provoquent une diminution de la production de spermatozoïdes.

Chez l'humain, des études ont montré, rétrospectivement, une corrélation entre l'exposition de mères, mesurée par le taux dans les urines au cours de la grossesse, et des anomalies hormonales ou génitales chez les garçons. Des perturbations hormonales ont aussi été montrées chez des ouvriers exposés dans le cadre professionnel aux phtalates.

Les chercheurs françaises ont réalisé leurs expériences sur deux types d'échantillons : des prélèvements sur des testicules d'hommes atteints d'un cancer de la prostate et des lignées de cellules produisant des stéroïdes, du type testostérone. Dans les deux cas, les phtalates inhibaient la production de testostérone et ce, à des doses pour lesquelles des études épidémiologiques ont montré une altération de la production des hormones androgènes (dont fait partie la testostérone).

Cette étude montre que le lien entre l'exposition et l'altération de la fertilité est bel et bien de cause à effet.

Le Réseau environnement santé (RES) demande un renforcement de la réglementation et le remplacement des phtalates par un composé moins toxique. Au niveau européen, "la révision de Reach doit permettre de combler les lacunes qui laissent cette situation de faillite réglementaire perdurer", réclame-t-il.

De nombreuses preuves expérimentales, indique le RES, chez l’animal et/ou chez l’homme, lient les phtalates aux 4 grandes familles de pathologies associées aux perturbateurs endocriniens : cancers, troubles métaboliques, atteintes à la reproduction, troubles neurocomportementaux.

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