La confiance détectable par imagerie cérébrale


Des chercheurs rapportent dans la revue Science avoir réussi à visualiser, grâce à l'imagerie par résonnance magnétique, une activité du cerveau caractéristique du sentiment de confiance.

La recherche montre que des circuits qui sont connus comme jouant un rôle dans des mécanismes de base comme la réaction aux récompenses (ex. nourriture), se trouvent impliqués dans un phénomène aussi complexe que la confiance.
Dans cette recherche, des sujets anonymes qui ne se connaissaient pas étaient pairés pour jouer à distance sur internet à un jeu qui impliquait des prises de risque nécessitant d'évaluer le profit et la confiance. Un appareil d'imagerie cérébrale par résonnance magnétique était installé pour l'observation de l'activité cérébrale de chacun des joueurs.

Lorsque le partenaire de jeu se montrait fiable (prenait des décisions de collaboration équitables), le flux sanguin augmentait dans le noyau caudé, une région dans la partie arrière du cerveau qui est impliqué dans la réaction aux récompenses. À mesure qu'une attente de fiabilité du partenaire de jeu s'installait, le flux sanguin au noyau caudé apparaissait plus vite (avant que le partenaire ne donne une preuve de sa fiabilité) signalant ainsi une intention de faire confiance.

Selon les chercheurs, leurs travaux montrent qu`à un certain niveau, le processus de construire la confiance est aussi fondamental que celui d'obtenir de la nourriture ou d'autres récompenses. Il semble jouer un rôle central dans l'évaluation de l'équité des actions d'une personne et dans le signalement de l'intention de lui faire confiance. De futures recherches pourront s'avérer utiles pour comprendre l'autisme, la schizophrénie ou d'autres troubles comportementaux où l'habileté à former des modèles internes d'autrui peut être touchée.

Cette nouvelle technologie qui permet d'observer comment deux cerveaux agissent et interagissent, ouvre, selon les auteurs, des avenues pour la recherche dans un champs relativement nouveau, l'imagerie cérébrale en temps réel des interactions sociales.

Source:
www.nytimes.com/2005/04/01/science/
01trust.html?oref=login