Les groupes les plus performants ne sont pas ceux dont les membres ont les quotients intellectuels les plus élevés, selon une étude publiée dans la revue Current Directions in Psychological Science.

Les chercheurs en psychologie Anita Williams Woolley (Carnegie Mellon University), Ishani Aggarwal (Fundação Getulio Vargas), et Thomas Malone (Massachusetts Institute of Technology) ont analysé les études portant sur l'influence de la composition des groupes et de l'interaction de leurs membres sur leur intelligence collective, c'est-à-dire leur capacité de réaliser une variété de tâches cognitives.

Depuis plus d'un siècle, rapportent-ils, les psychologues ont montré que les personnes qui obtiennent de bons résultats dans certaines tâches cognitives ont également tendance à apprendre rapidement dans des domaines différents et ils ont développé des tests d'intelligence (tests de QI) pour mesurer cette « intelligence générale » sous-jacente.

Initialement, Woolley et ses collègues ont supposé que les équipes ayant le QI moyen le plus élevé performeraient mieux que celles ayant un QI moyen inférieur. Mais, à leur surprise, ils ont constaté que réunir des gens ayant un QI élevé n'assure pas une intelligence collective élevée.

Leurs études ont montré que les compétences sociales prédisaient mieux l'intelligence collective que le QI. La capacité de percevoir les indices sociaux était mesurée par la capacité d'évaluer les émotions des autres à partir de photos de leurs yeux. Les groupes dont les membres avaient des scores élevés au test de lecture de l'état d'esprit dans les yeux (faites le test) étaient plus intelligents collectivement que d'autres groupes.

Dans une étude menée avec des groupes en ligne, qui travaillaient exclusivement par messages texte sans se rencontrer, la perceptivité sociale, mesurée au moyen de ce test, était aussi corrélée à leur intelligence collective. Ce qui suggère que la capacité de lire les émotions dans le regard prédit un éventail plus large de compétences interpersonnelles qui permet aux membres d'un groupe de communiquer plus efficacement et, en bout de ligne, de capitaliser sur les compétences et l'expérience de chacun, soulignent les chercheurs.

« Les groupes les plus intelligents collectivement communiquaient plus et participaient de façon plus égale que les autres groupes », écrivent les chercheurs. « En d'autres termes, les groupes dans lesquels une ou deux personnes dominaient l'activité étaient, en général, moins intelligents collectivement que ceux dans lesquels l'activité était plus équitablement répartie entre les membres du groupe. »

(1) « Reading the Mind in the Eyes Test » développé par le psychologue britannique Simon Baron-Cohen.

Psychomédia avec sources : Association for Psychologial Science, Current Directions in Psychological Science.
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