L'élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis ravive l'intérêt pour la compréhension du climatoscepticisme et plus généralement de ce qui est appelé l'ère post-vérité ou post-factuelle.

Plusieurs des médias citent les travaux du psychologue Dan M. Kahan de l'université Yale pour éclairer cette question, dont le journaliste Pierre Barthélémy dans Le Monde.

Dans une étude publiée en 2014 dans la revue Advances in Political Psychology, il a demandé à des Américains s'ils adhéraient à l’idée qu’il existe de solides preuves pour affirmer que le réchauffement climatique est principalement causé par les activités humaines comme l’utilisation d’énergies fossiles.

Les réponses des participants ont été mises en relation avec leur culture scientifique et leur allégeance politique démocrate ou républicaine.

Plus les électeurs démocrates avaient des connaissances scientifiques, plus ils croyaient que la science démontre que le réchauffement est dû aux activités humaines. Chez les électeurs républicains, l'effet était inverse : plus ils avaient une culture scientifique, plus ils étaient climatosceptiques.

Cette différence entre démocrates et républicains n'était présente que pour des questions politiquement sensibles, comme le réchauffement climatique ou l’évolution de l’espèce humaine à partir d’espèces animales plus anciennes.

Ainsi, conclut le chercheur, l'appartenance au groupe culturel aurait une influence plus déterminante sur certaines croyances que les connaissances scientifiques.

L'adhésion à une idée démontrée par la science mais s'opposant aux croyances d'un groupe d'appartenance créerait une dissonance cognitive difficilement supportable. Plus les gens sont cultivés en sciences, plus ils sont capables « d'échafauder les plus incroyables théories » pour éviter que ne soient détruites les idées auxquelles ils tiennent.

Lorsque des croyances sont menacées, le recours à des arguments non vérifiables augmente

Psychomédia avec sources : Le Monde, Yale Law School.
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