La lente émergence d'une médecine environnementale

"Des études scientifiques de plus en plus nombreuses témoignent de liens avérés entre certains agents polluants et certaines maladies, comme les allergies, les problèmes respiratoires, les troubles de la fertilité, ou encore des maladies du système nerveux central", soulignait Jean Huss rapporteur de la Commission de l’Environnement en décembre dernier à l’ouverture d’une conférence au Conseil de l'Europe à Strasbourg intitulée “Pollution intérieure et maladies multisystèmes”.

Face au « cocktail » omniprésent d’agents chimiques, physiques ou biologiques qui nous entourent (champs électromagnétiques, matériaux de construction, moisissures toxiques, ...), il prône la reconnaissance et le développement de la médecine environnementale dans toute l’Europe et propose une meilleure prise en charge des malades de l’environnement. Son rapport doit être soumis au mois d’avril au vote de l’Assemblée.
« En matière de traitement, les maladies de l’environnement sont souvent marginalisées par les systèmes de prise en charge sanitaire, qui les envisagent sous l’angle psychiatrique. La médecine de l’environnement doit être reconnue en tant que discipline à part entière », affirmait-il.

La Belgique, le Luxembourg et l'Allemagne sont précurseurs dans le développement de services de médecine environnementale (ou "Ambulances vertes") visant à réduire les maladies liées à la pollution intérieure, rapporte la Grande Époque.

Au Luxembourg, le ministère de la Santé et son service de médecine de l’environnement propose, depuis 1994, un diagnostic complet de la pollution intérieure des logements ou bureaux. Une équipe de scientifiques est envoyée sur place. Pendant près de deux heures, un professionnel de santé interroge les membres du foyer sur leur mode de vie, pendant qu’un scientifique examine les lieux, fait des prélèvements, mesure la qualité de l'air. Pour la somme forfaitaire de 50 €, les analyses en laboratoire révèlent généralement la cause des pathologies. Les remèdes sont souvent simples : aérer au moins deux fois par jour pendant un bon quart d’heure, même en plein hiver. Éviter les moisissures, aspirer son matelas pour traquer les acariens, bannir les matériaux polluants comme le bois aggloméré, utiliser des nettoyants naturels, etc.

En Belgique un tel service est aussi disponible et gratuit quand il est prescrit par un médecin. «Pour 200 interventions annuelles sur la seule région de Bruxelles, nous constatons une amélioration nette ou légère chez 60 à 80 % de nos patients», explique Sandrine Bladt, chef de la Cellule régionale d'intervention en pollution intérieure (Cripi) à Bruxelles.

En France, les hôpitaux universitaires de Strasbourg dispensent depuis 2001 une formation de conseillers médicaux en environnement intérieur (CMEI) pour les professionnels de santé qui souhaitent se spécialiser. Mais "les CMEI ont toujours eu du mal à se développer, faute de financements publics. Le Plan national santé environnement, le plan asthme et bien d’autres indiquent la nécessité de créer des postes, mais rien n’est fait. Malgré tout, certaines mutuelles remboursent ce genre de visites. Sur les 74 individus formés en 15 ans, seuls 40 exercent toujours", rapporte Martine Ott, formatrice aux hôpitaux de Strasbourg et CMEI (La Grande Époque).

Psychomédia avec sources:
La Grande époque
Conseil de l'Europe
France Info


Voyez également:

Les plantes dépolluantes
Prise de conscience de la pollution par les produits domestiques courants