Des associations dénoncent le mercure dentaire, un poison

À la veille de la tenue des négociations internationales sur le mercure à Nairobi du 31 octobre au 4 novembre, sous l'égide du Programme des Nations-Unies sur l'environnement, les associations Non au mercure dentaire (NAMD), Association toxicologie-chimie (ATC) et le Réseau Environnement Santé (RES) ainsi que Jean Huss, auteur d’un rapport du Conseil de l’Europe sur les risques pour la santé des métaux lourds, ont tenu une conférence de presse jeudi 27 octobre 2011 pour dénoncer la "position isolée et incohérente de la France" concernant le mercure dentaire.

Le scandale du Mediator a ébranlé l’industrie des médicaments et l’Afssaps. En revanche, au sein de cette dernière, la Direction de l’Evaluation des Dispositifs Médicaux (DEDIM) est restée relativement préservée des critiques de la presse alors que sa gestion du dossier du mercure dentaire la met pourtant lourdement en cause, commente le dossier de presse de ces associations.

De nombreux éléments donnent à penser, indique ce dossier, que l'expertise de l'Afssaps (au moyen d'une revue des publications scientifiques), menée entre 2003 et 2005, sur la toxicité des amalgames dentaires, "a souffert d’un défaut de compétence autant que d’un excès de partialité".

70 % des amalgames de molaire ou de prémolaire en France contiennent 50% de mercure alors que ce dernier est cancérogène, mutagène et reprotoxique. "Il est toxique aussi pour les systèmes nerveux, immunitaire et hormonal, s'accumulant toute la vie dans le cerveau, les glandes endocrines, le système cardio-vasculaire", indique le toxicochimiste André Picot, directeur de Recherche honoraire au CNRS.

Selon le dossier de presse, "de très nombreuses publications scientifiques permettent d’impliquer l’exposition au long terme au mercure inorganique dans l’épidémie de maladies neurodégénératives (maladie d’Alzheimer, sclérose en plaques, sclérose latérale amyotrophique…) et mettent en évidence son probable rôle dans la genèse ou l’aggravation de nombreuses autres pathologies neurologiques (maladies psychiatriques), de maladies auto-immunes, de pathologies cardiovasculaires…".

Les amalgames représentent la principale source d’exposition au mercure dans les pays développés. Alors que le Conseil de l'Europe a adopté en mai dernier une résolution invitant à leur restriction, voire leur interdiction, la France est le "seul pays qui s'est officiellement opposé à l'arrêt des amalgames dans l'Union européenne".

Dans un récent rapport, l'Organisation mondiale de la santé suggère l'utilisation de matériaux alternatifs, tel que le verre ionomère, qui ont "fait leurs preuves"; la Norvège, la Suède et le Danemark ont interdit l'amalgame dentaire.

  • Psychomédia avec sources: Dossier de presse (RES), Les Échos. Tous droits réservés.