La scientologie et la justice en France

La Scientologie est jugée en tant que personne morale à partir de lundi au tribunal correctionnel de Paris, pour "escroquerie en bande organisée". Ce procès fait suite à des plaintes déposées par deux ex-adeptes, en 1998 par Aude-Claire Malton et en 1999 par Nelly Reziga. Deux autres ex-adeptes avaient porté plainte mais se sont désistés après avoir accepté un remboursement de l'organisation.

Sept responsables sont par ailleurs poursuivis dont certains par l'ordre des pharmaciens pour pratique illégale de la pharmacie. L'association risque l'interdiction d'activité, ce qui aboutirait à sa dissolution en France.
En cause, les pratiques de l'association pour soutirer de l'argent des adeptes.

Accostée à la sortie du métro, en mai 1998, Aude-Claire avait accepté de répondre à un test de personnalité gratuit. Des cours de "communication" et de "réparation de vie" lui furent prescrits au coût de 31590 francs, soit 4816 euros. Elle a ensuite acheté des ouvrages, un électromètre et un "pack de purification" au coût de 10384 euros. Les scientologues facturent l'électromètre 5000 euros alors qu'il se vend entre 700 et 800 euros dans le commerce. Elle s'est ensuite fait recommander des séances de sauna et des vitamines vendues par l'association, moyennant l'adhésion à l'International Association of Scientologists contre un don de 420 euros.

C'est la deuxième fois que l'association est jugée en tant que personne morale. Le précédent jugement remonte à 2003 : la cour d'appel de Paris avait alors relaxé l'association du chef d'escroquerie, ne la condamnant que pour une affaire de fichiers informatiques.

Mais plusieurs des responsables de la scientologie ont déjà été condamnés à titre personnel pour escroquerie:

En 1997 à Lyon, Jean-Jacques Mazier, l'ancien président de la scientologie du Rhône et 5 autres personnes avaient écopé de 3 ans de prison avec sursis et 50.000 francs d'amende pour homicide involontaire et escroquerie.

En 1999 à Marseille, 5 scientologues ont été condamnés pour escroquerie à des amendes et des peines allant jusqu'à 2 ans de prison dont six mois ferme.

Deux dossiers sont présentement en cours d'instruction : l'un a été ouvert en 2002 pour escroquerie, l'autre en 2006 après le suicide d'une adepte à Colombes (Hauts-de-Seine).

La Scientologie compte en France 300 membres à plein temps. Ils conseillent de 40.000 et 50.000 personnes par an. Parmi eux, entre 2.000 et 4.000 personnes peuvent être considérées comme membres dans les 5 églises d'Angers, de Clermont-Ferrand, de Lyon, de Paris et de Saint-Étienne et dans les 9 missions de Bordeaux, Brunoy, Gentilly, Marseille, Montpellier, Mulhouse, Vence, Reims et Toulouse.

La Scientologie règne sur plusieurs associations de défense des droits de l'homme ou des victimes de catastrophes, de réinsertion de toxicomanes, de lutte contre l'exclusion ou de cours de soutien scolaire.

Psychomédia avec sources:
Le Monde
Le Nouvel Observateur


Voyez également:

Jugée pour escroquerie, la scientologie risque la dissolution en France
La scientologie poursuivie en justice pour escroquerie malgré l'avis du parquet (sept 2008)
L'Église de scientologie sous enquête après un suicide (France, avril 2008)
Multiplication de psychothérapeutes liés à des sectes (rapport de la Miviludes, mai 2009)