Dès 30 ans, quand on est pauvre, on est 7 fois plus seul que la moyenne

Être pauvre accentue le risque d'isolement, confirme une étude publiée le 6 juillet par la Fondation de France. La solitude est ici définie comme étant la situation des "personnes qui n'ont aucune relation sociale significative au sein des cinq grands réseaux de sociabilité : réseau familial, réseau professionnel, réseau associatif, réseau amical, réseau de voisinage.

Les personnes pauvres (celles vivant avec moins de 949 euros par mois, selon la définition de l'INSEE) ont un risque doublé d’isolement: 18 % contre 9 % dans l'ensemble de la population.

Pour ces personnes, le risque est important dès 30 ans, alors qu’en moyenne nationale, il n'est significatif qu’à partir de 40 ans: dans la trentaine, 20 % des personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté sont en situation d’isolement, contre 3 % en moyenne.

Si la pauvreté s’ajoute à une situation de handicap, elle multiplie par 3 le risque de solitude; dans une situation de divorce ou de veuvage, elle le multiplie par 2.

"L’insertion durable dans la vie sociale repose en grande partie sur la capacité des individus à diversifier leur vie sociale", commente l'étude. Or, les personnes pauvres ont plus de difficulté à développer plusieurs réseaux de sociabilité, ce qui les rend plus vulnérables. Seules 21 % des personnes pauvres ont au moins 3 réseaux différents de relations, contre 36 % dans l’ensemble de la population.

Pour les personnes pauvres, le réseau est le plus souvent construit autour des sociabilités amicales (41 %) et des relations de voisinage (29 %) et plus rarement autour des relations familiales (13 %) ou professionnelles (4 %). Seulement 6% ont recours aux réseaux sociaux en ligne.

La Fondation de France soutient chaque année plus de 500 projets qui permettent de maintenir et récréer des liens sociaux, par exemples: la création d’un service itinérant de nuit pour personnes âgées, malades ou handicapées; les réveillons de la solidarité; un CDI, clef de voûte d’un dispositif d’accompagnement pour des personnes exclues du marché de l’emploi; un café-jeux et une épicerie qui redonnent vie à un quartier de la banlieue grenobloise; Création d’un foyer de jeunes travailleurs à Aubenas.

La solitude, qui a été consacrée Grande cause nationale 2011, toucherait 4 millions de personnes de plus de 18 ans en France.

Psychomédia avec source: Le Monde
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Commentaires

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Et ils font quoi pour

Et ils font quoi pour arranger ça ?
Rien...

Quand on est pauvre on ne peut rien faire car tout coûte cher, les licences pour faire du sport ou de la danse ou autre sont hors de prix pour un pauvre, c'est du luxe. Donc aucune activité possible.
les sorties, on oublie, tout est trop cher.

Donc qu'est ce qui reste pour voir du monde ?
ben rien.....

Hypocrisie...

Bonjour.

La solitude, "Grande cause nationale 2011", on veut bien. Les belles déclarations d'intention de nos dirigeants, on en a l'habitude. Cela ne mange pas de pain.

Déjà sachons que les bénéficiaires du RSA et de l'AAH (les plus pauvres, les précaires et les personnes handicapées donc) sont non seulement contraints de vivre seuls pour percevoir leur allocation de survie à taux plein, mais que la CAF, leur administration de tutelle, soumet leur vie privée à un flicage éhonté. Au moindre soupçon de vie commune, visite d'un contrôleur, mainmise sur les relevés de compte, suspension des droits si par malheur une "preuve" de vie commune était relevée par le bureaucrate assermenté de la CAF (comme une petite culotte qui traîne dans le studio d'un monsieur ou un rasoir à main dans la salle de bains d'une dame).

Même tarif pour les personnes âgées survivant du minimum vieillesse : la solitude ou la misère à deux. Même tarif pour les dames âgées qui touchent une pension de réversion.

Cette solitude est IMPOSEE aux pauvres par le législateur français, et celui-ci prétend en faire une cause nationale ?

Je me marre.

Hypocrisie

Votre commentaire me fait étrangement penser à ce qui ce vit également au Québec. À croire que les élus sont tous les mêmes et ce, peu importe d'où ils sont!