Campagne contre le bâillonnement des scientifiques par le gouvernement canadien

Le gouvernement conservateur canadien interdit fréquemment aux scientifiques financés par des fonds fédéraux de s'adresser aux journalistes, ont dénoncé six organisations professionnelles, représentant des scientifiques et des communicateurs scientifiques, à l'occasion du congrès international de l'American Association for the Advancement of Science (AAAS) se tenant cette année à Vancouver.

Dans une lettre adressée à Stephen Harper, publiée dans Le Devoir, les organisations demandent au gouvernement de réviser largement sa politique de communication et font part de leur intention, après plusieurs années de dénonciations infructueuses, d'unir leurs forces pour mener une campagne afin d'attirer l'attention du public sur la question.

En 2008, rapporte l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC), Environnement Canada "a ordonné à ses scientifiques de renvoyer toutes les demandes de renseignement des médias à Ottawa pour que les agents et les stratèges des communications déterminent s’il y a lieu pour les scientifiques d’y répondre et, le cas échéant, aident ces derniers à concevoir des infocapsules approuvées". Ces restrictions se sont ensuite étendues à d'autres ministères fédéraux. Les entrevues demandées par les journalistes sont régulièrement refusées.

Cet automne, mentionne la lettre, Environnement Canada a empêché le Dr David Tarasick de parler aux journalistes de ses travaux sur la couche d'ozone publiés dans la revue Nature. Le Bureau du Conseil privé a interdit à Kristina Miller, chercheuse à Pêches et Océans Canada , d'accorder des entrevues sur ses études parues dans la revue Science concernant les causes du déclin du saumon rouge en Colombie-Britannique.

L’Association francophone pour le savoir (Acfas), a indiqué dans un communiqué qu'elle "appuie plusieurs des préoccupations des signataires de la lettre". L’information scientifique financée par le gouvernement doit être facilement accessible aux citoyens comme aux décideurs politiques, estime M. Pierre Noreau, président de l’Acfas.

Psychomédia avec sources: Le Devoir, Acfas, IPFPC. Tous droits réservés.