Le manque chronique de sommeil pourrait causer la perte de cellules nerveuses, selon une étude publiée dans Journal of Neuroscience. Ainsi, dormir plus longtemps lorsque possible (ex. les fins de semaine) ne compenserait pas complètement le manque de sommeil chronique.

Sigrid Veasey de l'Université de Pennsylvanie et ses collègues ont déterminé, chez la souris, que des périodes prolongées d'éveil sont liées à des dommages dans des neurones (cellules nerveuses), situés dans le locus coeruleus, qui sont essentiels pour la vigilance et la cognition optimale.

"Certaines recherches chez l'humain ont montré", indique la chercheuse, "que la capacité d'attention et plusieurs autres aspects de la cognition peuvent ne pas revenir à la normale même avec trois jours de récupération de sommeil, ce qui soulève la possibilité de dommage durable dans le cerveau. Nous voulions savoir exactement si la perte de sommeil chronique endommage les neurones, si ces dommages sont réversibles, et quel sont les neurones impliqués."

En réponse à un manque de sommeil à court terme, les neurones du locus coeruleus augmentent l'activité des protéines sirtuines de type 3 (SIRT3) qui sont importantes pour la production d'énergie dans les mitochondries et les réponses d'oxydo-réduction.

Mais dans un état de veille prolongé, ces protéines ne jouent plus ce rôle essentiel pour maintenir l'homéostasie métabolique: après plusieurs jours d'une cédule de sommeil pouvant correspondre à celle de travailleurs de quart, les souris commençaient à afficher une réduction de ces protéines dans le locus coeruleus et une augmentation de mort cellulaire, perdant ainsi jusqu'à 25% de ces neurones.

Les mitochondries de ces cellules semblent pouvoir s'adapter à un manque de sommeil à court terme mais pas à un éveil prolongé, conclut la chercheuse. Ce qui suggère, note-t-elle, qu'augmenter, de quelque façon, les niveaux de SirT3 pourrait aider à protéger les neurones lors de manque de sommeil prolongé.

Cette étude montre aussi l'importance du sommeil pour restaurer l'homéostasie métabolique dans les mitochondries des neurones du locus coeruleus et possiblement d'autres régions importantes du cerveau, souligne-t-elle.

Des travaux supplémentaires sont nécessaires, précise-t-elle, pour établir qu'un phénomène similaire se produit chez l'humain et déterminer quelles durées d'éveil mettent à risque de dommages neurologiques.

Des facteurs connus pour diminuer la présence des protéines SirT3 sont le vieillissement, le diabète, une alimentation riche en gras et la sédentarité. Ces facteurs pourraient ainsi rendre plus vulnérables aux effets du manque de sommeil.

Psychomédia avec source: University of Pennsylvania.
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