L'Iboga, utilisé par des sectes, classé comme stupéfiant par la France

Le ministre de la Santé et des Solidarités vient de classer comme stupéfiants l’arbuste Iboga ainsi que l’un de ses composants, l’ibogaïne (et certains produits dérivés) en raison de leurs propriétés hallucinogènes et de leur grande toxicité.

En France, l’utilisation de l’Iboga tend à se développer dans le cadre d’activités sectaires au travers de séminaires de « revalorisation de soi » et de « voyage intérieur », notamment en Ardèche, dans le Calvados et l’Eure-et-Loire.
L'Iboga (ou Tabernanthe Iboga) est un arbuste présent dans les forêts équatoriales d’Afrique de l’Ouest, en particulier au Gabon, au Cameroun et au Congo où cette plante est utilisée au cours de rites initiatiques et religieux.

La racine de l’Iboga contient l’ibogaïne qui est une substance proche de celles présentes dans différentes espèces de champignons hallucinogènes et dans l’Ayahuasca . L’ibogaïne est un psychostimulant à faibles doses. A doses plus élevées, elle est responsable d’hallucinations visuelles et auditives, parfois très anxiogènes et pouvant conduire à l’acte suicidaire. Par ailleurs, sa neurotoxicité a été démontrée chez l’animal, par l’observation d’atteintes du cervelet.

Actuellement aucun intérêt thérapeutique n’est démontré ni pour l’Iboga ni pour l’ibogaïne, bien que celui-ci ait été évoqué et étudié notamment dans le traitement de la dépendance aux opiacés, à la cocaïne et à l’alcool (Etats-Unis et Israël).

En 2005, le décès d’un homme ayant consommé une infusion d’iboga a été signalé en France. Ce décès s’inscrit dans un contexte international où l’on relève près d’une dizaine de décès liés à la consommation d’ibogaïne sans toutefois que les mécanismes de survenue soient totalement élucidés. Ces décès ont eu lieu généralement plus de 20 heures après la prise d’Iboga, parfois consécutifs à une ingestion de faibles doses.

L’Afssaps avait, en conséquence, ouvert une enquête afin d’évaluer la toxicité et le potentiel d’abus et de dépendance de cette plante.

Dans son quatrième rapport annuel, rendu public le 24 janvier dernier, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) s'inquiétait du développement des stages de "mieux-être" utilisant l'iboga. Ces stages sont une adaptation de pratiques chamaniques africaines qui accompagnent les rites d'initiation des adolescents. La Miviludes rappelait que dans les rites africains, cet usage est strictement dosé.

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