Lancement du dépistage des drogues au volant par test salivaire (France)

La ministre française de l'Intérieur, Mme Michèle Alliot-Marie, a lancé cette semaine l'expérimentation du test salivaire pour détecter les drogues au volant. Il s'agit de la dernière étape avant la généralisation de ce dispositif prévue pour début 2008.

Le dispositif sera expérimenté durant l'été sur des automobilistes volontaires ayant été préalablement confondus par le test urinaire utilisé actuellement.
Trois tests seront expérimentés pour détecter la consommation de cannabis, de cocaïne, d'amphétamines, d'ecstasy ou d'opiacés.

Jusqu'à maintenant le dépistage de la consommation de drogue nécessitait un dispositif lourd : un car de police permettant de réaliser un test urinaire en présence d'un médecin. En cas de résultat positif, une deuxième analyse, sanguine, était effectuée et envoyée à un laboratoire pour confirmation. En 2006, 30 392 dépistages ont ainsi été pratiqués.

Le test salivaire est beaucoup plus léger. Il ne prend que quelques minutes. Dans ce cas également, les résultats positifs devront être confirmés par un test sanguin.

La campagne d'expérimentation sera menée cet été dans dix villes par la police (Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Toulouse, Strasbourg, Rennes, Montpellier, Lille) et dans trois régions par la gendarmerie (Pays-de-la-Loire, Centre, Loraine).

Avec ce nouveau dispositif, les forces de l'ordre devraient passer à une autre échelle en pratiquant quelque 100 000 contrôles dès l'an prochain.

En lançant cette expérimentation, la ministre souhaite «attirer l'attention des automobilistes sur le risque que fait courir la consommation» de drogue, responsable «chaque année de plusieurs centaines d'accidents mortels», et «montrer que la police se modernise pour répondre aux nouveaux types de risques», a-t-elle dit.

Quelques 230 personnes sont tuées chaque année sur les routes de France dans des accidents directement liés à la consommation de cannabis et la moitié d'entre elles sont des jeunes de moins de 25 ans. Fumer un joint avant de conduire multiplie par deux le risque d'avoir un accident, et par quinze s'il y a aussi consommation d'alcool.

Selon l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), la drogue au volant concerne surtout les hommes de moins de 25 ans : 10,6% d'entre eux prendraient le volant après avoir consommé du cannabis.

Une proportion qui augmente singulièrement le week-end. «Le vendredi et samedi soir, 35% d'entre eux conduisent sous l'emprise de la drogue ou de l'alcool, voire le mélange des deux», selon une étude réalisée par l'OFDT entre 2001 et 2003.

La France sera le premier pays au monde à déployer un tel dépistage au niveau national si les tests sont concluants.

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