Des chercheurs en psychologie proposent, dans un article publié dans le Journal of Personality Disorders, de nouveaux critères pour le diagnostic des troubles de la personnalité, plus scientifiques et pratiques, considèrent-ils. Cette étude s'inscrit dans le contexte de travaux de plusieurs équipes pour redéfinir les troubles de la personnalité dans la prochaine édition du manuel de référence pour le diagnostic des troubles mentaux, le DSM-V (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) publié par l'American Psychiatric Association (dont la publication est prévue pour 2013).
"Il y a un large consensus parmi les chercheurs du domaine selon lequel la façon actuelle de conceptualiser les troubles de la personnalité ne fonctionne pas", dit Christopher Hopwood de l'Université d'état du Michigan, principal auteur.

La méthode actuelle, telle qu'énoncée dans le DSM-IV, classifie les troubles de la personnalité en 10 catégories. Ce système est défectueux, dit-il, parce qu'il ne tient pas compte de la sévérité des troubles de façon efficace et conduit souvent à des diagnostics qui se chevauchent.

"Il n'est simplement pas vrai qu'il y a 10 types de troubles de la personnalité et qu'ils constituent des catégories" dit-il.

Hopwood et ses collègues proposent une stratégie en 3 étapes pour diagnostiquer les troubles de la personnalité:

- Étape 1: Considérer les traits de la personnalité normale d'une personne, comme l'introversion / extraversion. Ces traits peuvent notamment indiquer les points forts d'une personne qui pourraient aider à surmonter des difficultés psychiatriques; ces forces ne sont pas évaluées dans le DSM actuel. La connaissance de ces traits peuvent aussi guider les cliniciens dans leurs recommandations faites à une personne en dépression, par exemple.

- Étape 2: Représenter au moyen d'un score la sévérité du trouble.

- Étape 3: Préciser le trouble selon 5 dimensions qui remplacent les 10 troubles de la personnalité actuels. Les cliniciens diagnostiqueraient combien de symptômes de chaque trouble présente une personne, plutôt que si elle présente un ou plusieurs des 10 troubles du système actuel. Cette méthode serait plus fiable, valide et précise que le système actuel, selon Hopwood, car la recherche n'a pas suffisamment étayé la validité de plusieurs des troubles actuels.

Les dimensions proposées sont:

- la particularité: qui désigne la bizarrerie dans la pensée ou le comportement; cette dimension inclut les diagnostics de personnalités paranoïde, schizoïde et schizotypique;

- le retrait: qui inclut les personnalités évitantes (ex. ne pas vouloir quitter la maison);

- la crainte: qui combine des extrêmes opposés tels que l'absence de peur chez les antisociaux et la peur chez les personnes dépendantes ou évitantes;

- l'instabilité: qui est similaire au diagnostic de personnalité borderline du DSM-IV; la principale caractéristique est l'instabilité, telle que dans les relations, l'identité ou l'expérience émotionnelle.

- la délibération: qui inclut la personnalité obsessionnelle-compulsive et d'autres troubles définis par un comportement trop méthodique: il s'agit d'un sens rigide de comment la vie devrait se dérouler, de comment se comporter et comment les autres personnes devraient se comporter.

Psychomédia avec source:
Michigan State University
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