La fusillade de Virginia Tech attire l'attention sur le phénomène américain de la libre détention des armes à feu.

Selon l'historienne spécialiste des Etats-Unis, Nicole Bacharan, interrogée par l'Express, les États-Unis sont particulièrement touchés par les fusillades en milieu scolaire et la clé de l'explication est la libre détention d'armes à feu. En effet, l'Europe n'a connu que deux cas en dix ans, contre cinq aux Etats-Unis.

Aux-États-Unis, rapporte Le Figaro, 65 millions de pistolets et de fusils de tous calibres se trouvent en toute légalité dans 40 % des foyers.

"Dans quarante-six des cinquante États, il est toujours légal de porter une arme sur soi, à condition qu'elle soit dissimulée. Le District de Columbia, siège de la capitale, Washington, qui avait banni cette possibilité, vient de voir sa législation annulée par une cour d'appel fédérale."

Dans un entretien accordé au journal Libération, Benoit Muraciolle, chercheur pour Amnesty International et responsable de la campagne "control arms" précise qu'en Virginie, l'état dans lequel vient de se passer la fusillade, il est possible d'acheter une arme à partir de 12 ans, ceci sans l'accord des parents.

"Chaque année 29 000 personnes en moyenne meurent par balles dans une nation de 300 millions d'habitants. (...) Selon les statistiques officielles, 85 % des tueries sont commises avec des armes légalement enregistrées. À peine 160 des quelque 12 000 armes impliquées chaque année dans des homicides sont utilisées en légitime défense." (Le Figaro)

La plupart des États ont mis en place des législations visant à contrôler les ventes d'armes, mais la National Rifle Association (NRA), le puissant lobby des armes à feu, veille à leur inefficacité ou à leur inapplication.

"La NRA (National Rifle Association) affiche 4 millions de membres à travers les Etats Unis. Elle agit comme un lobby puissant au niveau politique. Étroitement associée à la frange conservatrice du Parti républicain, elle a dépensé 400 000 dollars par semaine contre le candidat démocrate John Kerry durant la présidentielle de 2004", rapporte de Figaro.

Dans le cadre de la fusillade de Columbine, rapporte M. Muraciolle, la NRA avait réagit en disant qu"il y aurait eu moins de morts si tous les élèves avaient été armés".

On peut cependant espérer, considère-t-il, que l'impact du tragique événement de Virignia tech lundi oû 33 personnes ont perdu la vie, va créer un élan pour modifier les lois relatives aux armes.

Il cite l'exemple de l'Australie et du Canada qui, suite à un durcissement de la législation et à une opération de sensibilation sur les armes, auraient vu une baisse des homicides par arme a feu de deux tiers.

"Après la tuerie de Columbine, en 1999, le débat sur la libre détention des armes avait déjà repris", rapporte Nicole Bacharan, "à l’initiative des mères de familles. Le jour de la fête des mères de l'an 2000, elles avaient organisé à Washington la "Marche d'un million de mères" en signe de protestation. Parmi elles, défilait celle qui est aujourd'hui candidate à l'investiture démocrate pour la présidentielle, Hillary Clinton. Cette fusillade va alimenter la campagne électorale américaine. Mais le puissant lobby des armes terrifie les candidats. Je suis pessimiste: si des améliorations sont adoptées, elles seront très réduites." (L'Express)

Sources:
Le Figaro
Libération
L'Express

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