Réponse à: SEULE (viol)

Surnom: SEULE
Pays: Canada
Âge: 15
Sexe: féminin

Bonjour!

Je sais que vous avez répondu à pas mal de question concernant le viol. je ne vous écris pas pour vous raconter comment je suis malheureuse et comment ça fait mal et etc...

Je ne sais pas comment le dire à mes parents. À mes amis. Quoi, j'arrive et je dit: Vous savez la dernière nouvelle, je me suis fait violer! Complètement ridicule. J'ai peur que mes amis me disent que je ne veux qu'attirer l'attention. J'ai peur que mes parents ne me croit pas. J'ai peur.

Que dois-je faire? je suis incapable de garder cela pour moi et je suis incapable d'en parler. Et comme l'école est finie, je ne peux même pas en parler à l'infirmière ou à la psychologue. J'ai vraiment l'impression d'être seule et j'en ai marre.

Merci si vous avez le temps de répondre!

Bonjour Seule,

Je crois sans difficulté lorsque tu nous dis que tu es malheureuse et que ça fait mal. Le viol est une des expériences les plus traumatisantes qui soient.

Je te crois aussi lorsque tu dis que tu es incapables de garder la chose pour toi et que tu es incapable d'en parler. Suite à un viol, une sorte de «paralysie» risque d'apparaître chez la victime ce qui bloque toute tentative de recherche d'aide.

Peut-être qu'un appel téléphonique pourrait être bénéfique pour faire un pas en avant. Je t'invite à composer le 514-278-9383 (Mouvement contre viol et inceste) ou le 514-934-4504 (Agression sexuelle victimes) où tu trouveras aide et soutien.

Ce sera là une démarche préliminaire dont l'objectif est de te «donner des forces». J'ai l'impression qu'après cela, il serait pertinent que tu rassembles tout ton courage et que tu racontes la chose à tes parents. J'espère qu'ils sont là pour toi, pour t'écouter et te supporter. Ensuite se posera la question : Porter plainte, oui ou non ? Pour t'aider dans cette réflexion, tu pourrais consulter une travailleuse sociale de la D.P.J. (Direction pour la protection de la jeunesse). Mais surtout, tu auras à prendre soin de toi afin d'atténuer la souffrance et de te réconcilier avec toi-même : une psychothérapie avec un(e) professionnel(le) de la santé m'apparaît indiquée (soit à ton école, soit au C.L.S.C., quoique ces ressources offrent principalement du court terme, soit encore en pratique privée).

Seule, ne reste pas seule plus longtemps. Je t'invite à faire des pas en avant, même s'ils t'apparaissent difficiles.

Mers bonnes pensées t'accompagnent !

Bien à toi,

Georges-Henri Arenstein, Psychologue