Posté par Tristesse2 le 14-04-02
J'ai 31 ans et je voudrais tellement aimer et être aimée en retour. A 20 ans, j'ai connu un grand amour partagé. Et puis, je l'ai laissé tomber, je ne sais toujours pas précisément pourquoi (même si fini par trouver plusieurs raisons possibles, il reste quelque chose d'inexplicable dans cette histoire). Et puis il a rencontré quelqu'un d'autre mais notre amour n'a
jamais vraiment cessé. On se voit au moins une fois par an.

L'an dernier, j'ai appris qu'il venait d'être papa et je l'ai félicité très sincèrement lui et son épouse. Je trouve qu'un enfant, c'est tellement magique. Pour moi, ça doit être l'aboutissement d'un couple, la concrétisation d'un amour (même si je sais que ce n'est pas toujours le cas, pour moi, je ne conçois pas un enfant autrement) Qu'elle ne fut pas ma surprise lorsqu il m'a fait comprendre que c'était de moi qu'il aurait voulu un enfant. Je savais que ses sentiments pour moi ne sont pas tout à fait éteints. Mais je ne m'y attendais pas du tout. J'avais tourné la page, il m'avait fallu du temps. J'en ai beaucoup souffert (je n'admettais qu'une histoire dont l'amour était partagé pouvait se terminer malgré tout !!).

Ma surprise a encore été plus grande lorsque j'ai appris par un ami commun qu'il lui avait confié que j'étais la femme de sa vie et que quelques jours avant son mariage, il avait failli venir me trouver.

Moi pendant ce temps, j'ai fini par risquer d'aimer à nouveau. Je savais qu'aimer c'était risquer de souffrir à nouveau, mais j'ai tenté. Et la souffrance je ne connais que ça. Je n'en peux plus, je voudrais tellement connaître une histoire « normale ». Je suis abonnée aux histoires avec des mecs qui m'aiment comme amie. Lorsque l'histoire se termine, ils me supplient de rester leur amie qu'ils ont besoin, de moi. Mais pas d'une petite amie.

Je suis abonnée aux histoires « clandestines » avec des mecs libres comme l'air. Ok ils ont peut-être un passé douloureux mais plus on avance dans l'age plus le passé est présent (avec parfois les ex-femmes, les enfants!), mais est-ce une raison de faire souffrir l'autre (moi en l'occurrence) ? Est-ce une raison pour ne pas investir dans une relation ? Est-ce une raison d'avoir peur?

Pourquoi n'osent-ils pas « s'afficher » avec moi ? Ont-ils honte de moi ?

Pour moi une histoire d'amour, ce n'est pas étouffer l'autre, en faire une dépendance, une extension de sa propre personne. Je vois tellement de couples qui agissent comme ça et c'est quelque chose que je ne pourrais pas vivre. Pour moi, un couple c'est 2 personnes distinctes qui partagent de bons moments ensemble, ça ne veut pas dire pour autant tout faire ensemble. Je pense laisser beaucoup de libertés à l'aure. Est-ce trop ? Les gens ne savent-ils vivre que dans la dépendance ? Je ne veux pas être cette mégère qui s'accroche à son mec et qui ne sait rien vivre en dehors ou à coté. Mais, de là, à n'avoir aucun attachement de ne partager que des moments à faire l'amour, non.

Effectivement, je me suis déjà posée la question : pourquoi est-ce que je retombe sur ce genre de mecs ?

Je me remets facilement en question, et pense être très lucide sur moi-même mais là j'en peux plus. J'en ai mare de me battre. J'ai fait, il y a un peu plus d'un an une grosse dépression due surtout à un mec qui a fini par me démolir totalement et à me dénigrer en tous domaines. Mais je m'en suis sorite. J'en suis très fière. Surtout que j'ai fini par m'en sortir toute seule. En effet, je voyais une thérapeute pendant presque un an. Elle m'a aidée, il est vrai. Mais lorsqu'elle a commencé à me répéter sans cesse qu'elle s'inquiétait pour moi, qu'elle aurait voulu qu'on m'hospitalise. Là, j'ai dit STOP. Elle exagérait, j'ai réagi (il a fallu du temps et ça a été très dur. Mais je me suis battue et j'ai réussi. J'ai aussi cessé d'attendre que les autres m'apporte le bonheur auquel je rêve. Je l'ai cherché moi-même.

La vie a repris son cours, et mes déceptions sentimentales ont continué à s'enchaîner. Cette fois, j'ai rencontré il y a 7 mois (enfin je le connaissais déjà avant) quelqu'un de vraiment bien qui me respecte (enfin lorsqu'on se voit ce qui est très rare. Le problème c'est que c'est toujours lorsque lui en a envie. On ne se voit que chez lui ou chez moi et on ne partage malheureusement rien à part faire l'amour ou regarder une K7 à 2. J'ai essayé au début de lui en parler mais c'est un gars qui a d'énormes problèmes de communication, mais quelqu'un de respectueux.

Je pense sincèrement que jamais il ne me fera souffrir de manière délibérée. Et pourtant je souffre, car je sais que cela pourra être tellement mieux. Mais il ne sait pas communiquer et moi, j'avoue que de voir quelqu'un de si fermé, cela me bloque totalement. J'ai fini par lui envoyer un texto maladroit en lui disant que j'allais finir par me demander « s'il n'était intéressé que par mon cul ». II a alors refusé toute communication en finissant par me dire que ça allait passer mais qu'il était vexé. Je me sens coupable de lui avoir envoyé ce texto : devais-je le faire souffrir tout simplement parce que je souffrais ?

Enfin il a fini par me reparler, il m'a demandé de passer chez lui et on a fait l'amour comme si de rein était (évidemment il n'a pas relevé les perches que je lui tendais pour essayer de discuter de tout ça ! Enfin, il savait où j'en étais vu que je lui avais écrit une longue lettre à laquelle il a fini par réagir. Mais depuis, il ne répond plus à mes mails et mes textos dès que je lui dis quelque chose de plus personnel, j'ai l'impression qu'il a envie que ce soit fini mais qu'il n'ose pas me le dire. Je souffre terriblement.

Pourquoi tout a-t-il dérapé suite à ce texto ? Je culpabilise en me disant que j'aurai dû faire autrement. Mon intuition que l'on pourrait vivre quelque chose de bien est-la bonne (je ressens la même intuition qu'avec mon grand amour !) Mais est-ce que lui aussi se fout de ma gueule ?

J'ai si peur aujourd'hui que plus rien de bien ne puisse m'arriver. Je n'en même plus envie. J'ai l'impression que je vais finir ma vie toute seule car personne ne m'aimera jamais telle que je suis et que je suis incapable de rendre quelqu'un heureux. de toute façon si cette histoire devait se terminer, je pense que je n'arriverai plus jamais à faire confiance à un homme?

Réponse à Tristesse2 (aptitude à avoir des relations amoureuses)

Bonjour Tristesse2,

Je constate que vous avez connu plusieurs déceptions dans votre vie et que vous passez par une phase de découragement («J'ai peur que plus rien de bien ne puisse m'arriver; j'ai l'impression que je vais finir ma vie toute seule; je suis incapable de rendre quelqu'un heureux; je n'arriverai plus jamais à faire confiance à un homme»).

Et si vous changiez votre objectif? Plutôt que de travailler à rendre quelqu'un heureux, pourquoi ne pas vous rendre vous-même heureuse? Plutôt que de déplorer votre incapacité à faire confiance à un homme, pourquoi ne pas travailler à bâtir votre confiance en vous-même?

Vous dites que vous en avez marre de vous battre?Je vous invite donc à déposer les armes. Mais contre qui ou contre quoi avez-vous entrepris cette guerre?

Vous avez connu un mec qui a fini par vous démolir totalement et à vous dénigrer en tous domaines. Mais pourquoi être restée avec lui et pourquoi lui avoir permis de faire cela? Il n'a pu faire ses ravages qu'avec votre permission tacite. Serait-il possible que votre estime personnelle soit si basse que vous autorisiez les mecs à déployer leur arsenal de torture avec vous? («La souffrance, je ne connais que ça», dites-vous).

Vous dites être abonnée aux histoires avec des mecs qui vous aiment comme une amie. Vous n'aimez pas cela? À vous de vous désabonner.

Votre définition d'une histoire d'amour normale vous appartient; c'est la vôtre et juste la vôtre. Cependant, pourquoi ne pas tenter de recréer cette définition avec un partenaire qui y mettra son grain de sel? Pourquoi ne pas être deux à définir ce que vous voulez?

Vous semblez, en tout cas, très bien savoir ce que vous ne voulez pas («être une mégère qui s'accroche à son mec et ne peut rien vivre en dehors ou à côté»). C'est déjà un bon point, un point de départ significatif.

Votre question : «Pourquoi je retombe sur le même genre de mecs?» est très pertinente. Je vais oser une réponse, hypothétique bien sûr : ce n'est pas dû au hasard ou à la malchance. Peut-être est-ce parce que votre radar intérieur les détecte et peut-être est-ce parce que c'est vous qui les sélectionnez.

L'ami qui vous respecte et que vous trouvez vraiment bien, vous le voyez «toujours lorsque lui en a envie». Vous dites que c'est un problème. Mais au fond, c'est un homme qui se respecte totalement : vous rencontrer quand il en a envie, finalement, c'est très bien. Vous n'aimeriez quand même pas qu'il se force à vous rencontrer le jour où ça ne lui convient pas. Si par ailleurs, les seules distractions communes entre vous sont la sexualité et le visionnement de films, je peux comprendre votre déception et votre lassitude. Et maintenant, qu'avez-vous fait pour changer cela?

À votre question «Deviez-vous le faire souffrir tout simplement parce que vous souffrez?», je vous répondrais en général : celui qui refuse de voir sa propre souffrance la fait parfois payer durement aux autres.

Pourquoi tout a-t-il dérapé suite à votre texto? Sans doute parce que votre ami est sensible et vulnérable à vos propos.

Lui, comme vous, pouvez apprendre à communiquer mieux et à identifier vos besoins profonds. Que diriez-vous de reprendre une psychothérapie qui irait dans cette direction? Il me semble que cela mérite d'être essayé.

J'espère avoir contribué à vous éclairer quelque peu.

Bien à vous.
Georges-Henri Arenstein
Psychologue