Diabète et Alzheimer: recours contre les recommandations de la HAS en raison des conflits d'intérêts

L'Association pour une formation médicale indépendante au service des seuls professionnels de santé et des patients (Formindep) a déposé, lundi 7 décembre, deux recours devant le Conseil d'Etat demandant l'annulation de deux "recommandations de bonnes pratiques médicales" de la Haute Autorité de santé (HAS). Ces recommandations portent sur le traitement du diabète de type 2 et de la maladie d'Alzheimer.

L’association déclare qu’en « contradiction avec la législation et les règles de la HAS, de nombreux experts ayant participé à l’élaboration de ces recommandations n’ont pas déclaré leurs liens d’intérêts avec l’industrie pharmaceutique. D’autres experts ont des liens si importants avec les firmes pharmaceutiques que leur participation aux groupes de travail de ces recommandations aurait dû être interdite, en particulier les présidents de ces groupes ». Dans les deux cas, "soit ces déclarations n'ont pas été faites, soit elles n'ont pas été publiées", indique Me Bernard Fau, avocat du Formindep.
Il s'agit du professeur Serge Halimi, chef du service endocrinologie diabétologie nutrition du CHU de Grenoble, à la tête du groupe d'experts de la HAS sur les recommandations sur le diabète de type 2, en 2006, soit au moment visé par le recours du Formindep, et du professeur Florence Pasquier, neurologue au CHU de Lille, qui était la tête du groupe d'experts sur la maladie d'Alzheimer en 2008.

La HAS élabore des recommandations de bonnes pratiques qui "décrivent les soins les plus adaptés à un patient, compte tenu de l'état actuel des connaissances et des pratiques médicales". Elles "s'imposent aux médecins car elles ont un caractère normatif et sont souvent paroles d'évangile", estime le docteur Philippe Foucras, président du Formindep. Elles servent de référence pour la formation primaire et continue des médecins, et pour la Sécurité sociale (conventions, références médicales opposables...)

Le communiqué du Formindep souligne par ailleurs que la prescription des médicaments spécifiques de la maladie d’Alzheimer, à l’efficacité contestée, est jusqu’à six fois plus importante en France que dans d’autres pays.

Psychomédia avec sources:
Le Monde
Viva presse


Voyez également:

Conflits d'intérêts entre médecins et labos: l'UFC-Que choisir porte plainte après enquête du Formindep (Avril 2009)