Le ginkgo biloba ne réduirait pas les risques d'Alzheimer et de déclin cognitif

Le ginkgo biloba, une plante médicinale très utilisée pour protéger la mémoire, ne réduit pas le déclin des capacités mentales avec l'âge, selon une étude américaine publiée dans le Journal of the American Medical Association (JAMA). En 2008, des résultats de la même étude avait aussi montré que la plante ne réduit pas les risques de démence et de maladies d'Alzheimer. Il s'agit de la plus vaste et rigoureuse étude à date sur le sujet (1), indiquent les auteurs.

Le ginkgo biloba est le produit à base de plante le plus utilisé en Amérique du Nord et, de façon plus importante, en Europe pour contrer le déclin cognitif lié au vieillissement et prévenir la maladie d'Alzheimer. Les résultats des études visant à démontrer son efficacité sont cependant contradictoires.
Beth E. Snitz et Steven T. DeKosky de l'Université de Pittsburg ont, avec leurs collègues, mené cette étude avec 3069 personnes résidant dans la communauté, âgées de 72 à 96 ans. Elles étaient assignées au hasard à prendre deux fois par jour une dose de 120 mg d'extrait de ginkgo biloba (EGb 761, commercialisé sous le nom Tebonin) ou un placebo (produit inactif d'apparence identique). Elles étaient suivies 6.1 ans en moyenne. Les évaluateurs ignoraient quel produit avait reçu chaque participant.

Les résultats n'ont montré aucun effet de l'extrait de ginkgo biloba pour ralentir le déclin cognitif global. Aucun effet n'a été constaté pour les fonctions cognitives spécifiques telles que la mémoire, le langage, l'attention, les capacités visuospatiales et les fonctions exécutives (planification, prise de décisions, etc.). Aucune différence n'était par ailleurs constatée en fonction de l'âge, du sexe, de l'ethnie ou du niveau cognitif au début de l'étude.

Ces résultats sont cohérents avec une analyse du Cochrane Review, réalisée en 2009, des études publiées à date sur le sujet, notent les auteurs.

Pour le développeur de l'extrait utilisé, la firme Dr. Willmar Schwabe GmbH & Co, cette étude présente plusieurs lacunes. L'étude devrait se poursuivre une dizaine d'années supplémentaires, estime-t-il, pour que les effets du ginkgo soit manifestes. Et ce, d'autant plus que très peu de déficit cognitif n'a été constaté dans les deux groupes pendant les six années qu'a duré l'étude. Par ailleurs, il critique les mesures cognitives utilisées, les mesures les plus élaborées ayant été utilisées alors que 500 participants avaient déjà abandonné l'étude (après 4 ans). Un tiers des participants avaient abandonné après 6 ans. Par ailleurs, une autre limite importante, indique-t-il, est que 60% seulement des participants prenaient effectivement leurs comprimés tels que prescrits.

(1) Cette étude, baptisée "Ginkgo Evaluation of Memory" (GEM), a été financée par le National Center for Complementary and Alternative Medicine américain américain et le National Institute on Aging. Il s'agit, indiquent les auteurs, de la première étude comportant un nombre de participants suffisant et sur assez d'années pour permettre une évaluation de l'efficacité et de la sécurité de cette phytothérapie.

Psychomédia avec sources:
Eurekalert, Businesswire (communiqué).
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