Les centres pour femmes itinérantes n'arrivent plus à répondre aux besoins (Québec)

Le 24 novembre 2011, en conférence de presse, cinq ressources spécialisées dans l'aide aux femmes itinérantes ont dénoncé le manque de ressources pour faire face à une recrudescence sans précédent de l’itinérance chez les femmes, incluant notamment des femmes âgées. Elles demandent, aux différents paliers de gouvernements, des solutions concrètes à long, moyen et court termes.

La situation critique de débordement des ressources ne peut plus durer, disent La rue des Femmes, L’Auberge Madeleine, Chez Doris, Le Chaînon et les Maisons de l’Ancre. "Depuis plusieurs années, l’itinérance chez les femmes est en hausse constante et les situations vécues par celles-ci s’aggravent, notamment sur le plan de la santé mentale, de la violence et de la dépendance."

Au refuge de jour Chez Doris, qui accueille une population en difficulté dont plusieurs femmes Inuit, la clientèle est passée d’une cinquantaine de femmes par jour en 2010 à plus de 70 actuellement. Le 15 novembre dernier, elles étaient 120 à frapper aux portes de l’organisme.

L’Auberge Madeleine, qui offre de l’hébergement à court et moyen terme aux femmes sans abri a dû refuser, depuis avril dernier, près de 4000 demandes, un record historique.

« Je défie quiconque de dire à une femme dans le besoin qu’elle doit rester dans la rue parce qu’il n’y a pas de place! s’exclame Micheline Cyr, directrice des Maisons de l’Ancre où les listes d'attente s'allongent.

Parmi les causes de cette recrudescence: le maigre chèque de la sécurité du revenu (montant minimum de 575 $ par mois), les impacts de la crise économique et la disparition des logements accessibles pour les femmes à faible revenu. Outre ces raisons structurelles, "la violence conjugale continue de propulser les femmes à la rue ou dans des situations de grande vulnérabilité".

Les organismes demandent des investissements estimés à environ 21 millions $ pour:

  • Augmenter l’offre de logements sociaux avec soutien communautaire;
  • Fournir davantage de places en hébergement court et moyen terme;
  • Offrir davantage de services en réinsertion sociale pour les femmes vulnérables;
  • Accroître le nombre de places d’hébergement d’urgence.

Un bilan du Plan d'action interministériel en itinérance 2010-2013, publié en décembre 2009, était discuté aujourd'hui (25 novembre) à la Commission de la santé et des services sociaux de l'Assemblée nationale. Le Réseau Solidarité Itinérance du Québec (RSIQ) et le Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM) ont présenté leurs analyses de la situation.

Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM)

Voyez également:

Photo : RAPSIM

Psychomédia avec sources: RAPSIM, RSIQ, Le Devoir. Tous droits réservés.