Les expériences de la jeune enfance
particulièrement ainsi que des événements survenant dans
le cercle social de la personne et dans les média
contribuent à la formation des croyances. Voici des exemples
de croyances problématiques: "Des changements dans le
corps sont habituellement le signe d'une maladie sérieuse
parce que chaque symptôme doit avoir une cause physique
identifiable"; "Si on ne consulte pas aussitôt que
l'on remarque quelque chose d'inhabituel après il va être
trop tard" ou encore "Si l'on n'est pas vigilant
pour observer les symptômes, il peut être trop tard quand
on les remarquera".
Les croyances peuvent aussi être plus personnelles, par exemple: "Il y a des troubles cardiaques dans ma famille." Une fois qu'un personne a interprété (à tort) un symptôme ou une information comme étant l'indice qu'elle doit avoir une maladie, elle a tendance à porter une attention sélective aux informations qui semblent confirmer sa croyance et à ignorer les informations qui indiqueraient un bon état de santé. De plus, à cause de la vigilance amenée par l'anxiété, d'autres sensations corporelles alimentant l'inquiétude peuvent être observées.
Plusieurs facteurs peuvent contribuer à maintenir l'inquiétude:
1) L'anxiété causée par l'interprétation des sensations corporelles peut amener l'apparition de symptômes dus à l'activation du système nerveux autonome (par ex. transpiration, palpitations, douleurs musculaires, douleur à la poitrine, étourdissement, etc.) qui sont alors interprétés comme des signes supplémentaires de maladie. Cette dynamique peut prendre l'ampleur d'une attaque de panique (voir Questions fréquentes) dont souffre une bonne proportion des gens vivant d'hypocondrie.
2) L'attention se porte sur des sensations physiques normales ou des aspects de l'apparence ou des fonctions corporelles jusqu'alors inaperçus et qui sont perçus comme nouveaux et anormaux. Par exemple, quelqu'un remarque une difficulté à avaler la nourriture sèche et interprète cela comme un signe de cancer de la gorge. Le fait de porter l'attention sur l'action d'avaler la rend plus difficile et inconfortable. L'expérience de la douleur est aussi amplifiée par le fait d'y porter son attention.
3) Des comportements qui ont pour but de soulager l'inconfort ou prévenir la maladie contribuent à maintenir la croyance, par exemples: "Si je n'avais pas utiliser ma pompe, j'aurais suffoquer et serais décédée"; "Je ne fais jamais d'exercice car ça pourrait me tuer". Des comportements comme l'auscultation pour vérifier la présence une anormalité ou d'une douleur ou la recherche d'une réassurance soulagent temporairement l'anxiété. Mais, à plus long terme, comme dans le cas de l'obsession-compulsion, ils contribuent à maintenir l'anxiété, car ils maintiennent l'attention sur les peurs et empêchent l'habituation à l'anxiété que provoquent les symptômes ou l'idée de la maladie. Ces comportements peuvent aussi avoir des impacts directs sur la santé (qui, bien sûr, alimentent la conviction d'être malade). Par exemple, l'insistance auprès de nombreux médecins peut amener à des interventions (par ex. médications, chirurgie) qui confirment les craintes de la personne et contribuent à amplifier les symptômes auxquels vont s'ajouter des symptômes secondaires. D'autres exemples sont l'affaiblissement qui peut résulter de l'évitement de l'exercice et la douleur amenée par le fait d'ausculter régulièrement certaines parties du corps.
4) Les croyances sont la source de distorsions de la pensée qui amènent à mal interpréter les changements corporels et les informations fournies par les médecins, les proches ou les média. Nous avons déjà présenté dans le Dossier Dépression, section Processus cognitifs, différentes façons dont la pensée peut être biaisée.
Démarche pour surmonter l'hypocondrie
Voici en quoi peut consister une démarche pour surmonter l'hypocondrie, que ce soit avec de l'aide ou par soi-même (cette dernière alternative est toutefois difficile étant donnés les biais de la pensée):
-Conscientiser le fait que le problème en est un d'anxiété et que les efforts de rétablissement doivent viser la diminution de l'anxiété plutôt que la réduction des symptômes ou des risques de maladie.
- Remettre en question les croyances et interprétations:
- Distraire ses pensées, faire autre chose pour diminuer la durée des pensées obsessionnelles sur sa santé. Ceci peut toutefois exiger de la pratique. Les techniques de relaxation aide à pratiquer cela.
Voyez également:
Qu'est-ce que l'hypocondrie?
Quels sont les troubles anxieux?
DOSSIER: Anxiété et troubles anxieux
Les croyances peuvent aussi être plus personnelles, par exemple: "Il y a des troubles cardiaques dans ma famille." Une fois qu'un personne a interprété (à tort) un symptôme ou une information comme étant l'indice qu'elle doit avoir une maladie, elle a tendance à porter une attention sélective aux informations qui semblent confirmer sa croyance et à ignorer les informations qui indiqueraient un bon état de santé. De plus, à cause de la vigilance amenée par l'anxiété, d'autres sensations corporelles alimentant l'inquiétude peuvent être observées.
Plusieurs facteurs peuvent contribuer à maintenir l'inquiétude:
1) L'anxiété causée par l'interprétation des sensations corporelles peut amener l'apparition de symptômes dus à l'activation du système nerveux autonome (par ex. transpiration, palpitations, douleurs musculaires, douleur à la poitrine, étourdissement, etc.) qui sont alors interprétés comme des signes supplémentaires de maladie. Cette dynamique peut prendre l'ampleur d'une attaque de panique (voir Questions fréquentes) dont souffre une bonne proportion des gens vivant d'hypocondrie.
2) L'attention se porte sur des sensations physiques normales ou des aspects de l'apparence ou des fonctions corporelles jusqu'alors inaperçus et qui sont perçus comme nouveaux et anormaux. Par exemple, quelqu'un remarque une difficulté à avaler la nourriture sèche et interprète cela comme un signe de cancer de la gorge. Le fait de porter l'attention sur l'action d'avaler la rend plus difficile et inconfortable. L'expérience de la douleur est aussi amplifiée par le fait d'y porter son attention.
3) Des comportements qui ont pour but de soulager l'inconfort ou prévenir la maladie contribuent à maintenir la croyance, par exemples: "Si je n'avais pas utiliser ma pompe, j'aurais suffoquer et serais décédée"; "Je ne fais jamais d'exercice car ça pourrait me tuer". Des comportements comme l'auscultation pour vérifier la présence une anormalité ou d'une douleur ou la recherche d'une réassurance soulagent temporairement l'anxiété. Mais, à plus long terme, comme dans le cas de l'obsession-compulsion, ils contribuent à maintenir l'anxiété, car ils maintiennent l'attention sur les peurs et empêchent l'habituation à l'anxiété que provoquent les symptômes ou l'idée de la maladie. Ces comportements peuvent aussi avoir des impacts directs sur la santé (qui, bien sûr, alimentent la conviction d'être malade). Par exemple, l'insistance auprès de nombreux médecins peut amener à des interventions (par ex. médications, chirurgie) qui confirment les craintes de la personne et contribuent à amplifier les symptômes auxquels vont s'ajouter des symptômes secondaires. D'autres exemples sont l'affaiblissement qui peut résulter de l'évitement de l'exercice et la douleur amenée par le fait d'ausculter régulièrement certaines parties du corps.
4) Les croyances sont la source de distorsions de la pensée qui amènent à mal interpréter les changements corporels et les informations fournies par les médecins, les proches ou les média. Nous avons déjà présenté dans le Dossier Dépression, section Processus cognitifs, différentes façons dont la pensée peut être biaisée.
Démarche pour surmonter l'hypocondrie
Voici en quoi peut consister une démarche pour surmonter l'hypocondrie, que ce soit avec de l'aide ou par soi-même (cette dernière alternative est toutefois difficile étant donnés les biais de la pensée):
-Conscientiser le fait que le problème en est un d'anxiété et que les efforts de rétablissement doivent viser la diminution de l'anxiété plutôt que la réduction des symptômes ou des risques de maladie.
- Remettre en question les croyances et interprétations:
-
- Identifier les
croyances problématiques et élaborer des
explications moins menaçantes à l'expérience
vécue, analyser les arguments pour et contre.
- Tester certaines croyances dans la réalité (ex. "Qu'est-ce qui arrive si je n'utilise pas ma pompe pour m'aider à respirer?).
- Distraire ses pensées, faire autre chose pour diminuer la durée des pensées obsessionnelles sur sa santé. Ceci peut toutefois exiger de la pratique. Les techniques de relaxation aide à pratiquer cela.
Voyez également:
Qu'est-ce que l'hypocondrie?
Quels sont les troubles anxieux?
DOSSIER: Anxiété et troubles anxieux
Modèle cognitif
des mécanismes qui sous-tendent l'hypocondrie


Le massage a un mécanisme d'action similaire aux médicaments anti-inflammatoires
Les toxicomanes auraient des anomalies cérébrales héréditaires qui influencent le contrôle de soi
Une infection pourrait avoir causé une épidémie de troubles neuropsychiatriques
Le sucre, addictif et responsable de plusieurs maladies, devrait être régulé
Espoir pour le traitement de la maladie d'Alzheimer: la protéine Tau comme cible
La testostérone contribuerait avec l'ocytocine à l'équilibre entre coopération et égocentrisme
Déficit cognitif: les médicaments à base de ginkgo-biloba (dont le Tanakan) déremboursés en France
Diabète: l'importance du sommeil et du respect du rythme circadien de plus en plus démontrée
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Développement d'une autre classification des troubles psychiatriques que le DSM
Un moyen non médicamenteux réduit les symptômes d'anxiété généralisée
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DOSSIER La psychothérapie pour le traitement de la dépression
DOSSIER: Maigrir sainement
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DOSSIER: Maladie d'Alzheimer et démences
Commentaires
Hypocondrie Nocturne
Très bon article, mais que faire quand l'hypocondrie survient la nuit ?
Car moi la journée je vais plus ou moins bien mais la nuit j'ai l'impression que je vais mourir dans mon sommeil ! Donc je reste à angoisser jusqu'à que j'arrive à m'emdormir (pas au delà de 3h30 du matin ...).
Depuis que j'ai lu qu'une fille est morte dans son sommeil, j'angoisse parce j'ai aussi une inflammation des nerfs et j'ai l'impression que ça va se transformer en rupture d'anévrisme !
Réponse à l'hypocondrie
Un suivi psychologique par un professionnel me semble une réponse adaptée, particulièrement dans un cadre cognitivo-comportemental afin de corriger votre perception de vos symptômes corporels, cette perception induisant émotions et comportements non adaptatifs, nourrissant ainsi votre anxiété.
je suis hypocondriaque mais je me soigne
je pense que hypocondrie devra être traitée par le patient lui même et le traitement reside dans les experiences deja vécues.car même le professionnel est souvent remis en cause par nous même. j'ai eu une expérience , j'étais voir un psy ,après quelques séances,je me suis rendu compte que je ne retenais de lui que ce qui est negatif, car la maladie dont nous sommes atteint canalise nos pensées dans le sens negatif. surtout l'interrogatoire auquel nous sommes soumis. cependant la solution est entre nos mains.car il suffit de se dire et de se redire tout le temps et sans cesse:combien de fois j'ai eu cette idée ou l'autre idées sur ma santé ,ou sur une maladie et des années sont passées alors que je suis toujours en vie et combien de personnes qui se disaient saines ne le sont plus depuis.
l'hypocondriaque doit se soigner lui même.