Qu'est-ce que le trouble des conduites à l'enfance et à l'adolescence? PsychoMédia
- Publié le 28 septembre 2005
Voici les critères diagnostiques du DSM IV
(1) pour le trouble des conduites:
A. Ensemble de conduites, répétitives et
persistantes, dans lequel sont bafoués les droits
fondamentaux d'autrui ou les normes et règles sociales
correspondant à l'âge du sujet, comme en témoigne la
présence de trois des critères suivants (ou plus) au cours
des 12 derniers mois, et d'au moins un de ces critères au
cours des derniers mois:
Agressions
envers les personnes ou des animaux:
(1) brutalise, menace ou intimide souvent d'autres
personnes
(2) commence souvent les bagarres
(3) a utilisé une arme pouvant blesser sérieusement
autrui (p. ex., un bâton, une brique, une bouteille
cassée, un couteau, une arme à feu)
(4) a fait preuve de cruauté physique envers des
personnes
(5) a fait preuve de cruauté physique envers des
animaux
(6) a commis un vol en affrontant la victime (p. ex.,
agression, vol de sac à main, extorsion d'argent,
vol à main armée)
(7) a contraint quelqu'un à avoir des relations
sexuelles
Destruction de biens matériels:
(8) a délibérément mis le feu avec l'intention de
provoquer des dégâts importants
(9) a délibérément détruit le bien d'autrui
(autrement qu'en y mettant le feu)
Fraude ou vol:
(10) a pénétré par effraction dans une maison, un
bâtiment ou une voiture appartement à autrui
(11) ment souvent pour obtenir des biens ou des
faveurs ou pour échapper à des obligations (p. ex.,
"arnaque" les autres)
(12) a volé des objets d'une certaine valeur sans
affronter la victime (p. ex., vol à l'étalage sans
destruction ou effraction; contrefaçon)
Violations graves de règles établies:
(13) reste dehors tard la nuit en dépit des
interdictions de ses parents, et cela a commencé
avant l'âge de 13 ans
(14) a fugué et passé la nuit dehors au moins à
deux reprises alors qu'il vivait avec ses parents ou
en placement familial (ou a fugué une sule fois sans
rentrer à la maison pendant une longue période)
(15) fait souvent l'école buissonnière, et cela a
commencé avant l'âge de 13 ans
B. La perturbation du comportement entraîne une altération
cliniquement significative du fonctionnement social, scolaire
ou professionnel.
C. Si le sujet est âgé de 18 ans ou plus,
le trouble ne répond pas aux critères de la personnalité
antisociale. (Voir trouble de la personnalité antisociale)
Les jeunes présentant ce trouble manisfestent en général
peu d'empathie et de sollicitude pour les sentiments, les
désirs et le bien-être d'autrui. Ils peuvent réagir avec
agressivité à des situations en croyant leurs réactions
justifiées et ne ressentent souvent ni culpabilité, ni
remords. Ils ont fréquemment une faible tolérance à la
frustration, une irascibilité, des accès de colère et de
l'imprudence (plus grande fréquence d'accidents).
Ce trouble serait présent chez 6% à 16% (les données
varient selon la population et les méthodes d'évaluation
utilisées) des garçons et chez 2% à 9% des filles. Le
début de ce trouble peut apparaître dès l'âge de 5 ou 6
ans mais, en général, il survient vers la fin de l'enfance
ou au début de l'adolescence. Il apparaît rarement après
16 ans. Dans la majorité des cas, il disparaît à l'âge
adulte. Surtout lorsque le trouble est apparu à
l'adolescence (plutôt qu'à l'enfance) et que les symptômes
ont été peu sévères et peu nombreux, plusieurs
parviennent à une bonne adaptation sociale et
professionnelle. Une apparition précoce du trouble augmente
le risque d'évolution vers un trouble de la personnalité
antisociale ou un trouble lié à une substance.
Les résultats d'études de jumeaux et d'études d'adoption
indiquent que ce trouble peut être favorisé par une
prédisposition génétique et par des conditions de
l'environnement. Parmi ces dernières, on note: un rejet
parental ou une carence de soins, des pratiques éducatives
inadéquates avec discipline très dure, des sévices
physiques ou sexuels, un manque de surveillance, un placement
précoce en institution, des changements fréquents de garde,
l'appartenance à une famille nombreuse, la fréquentation de
bandes de délinquants, et certains types de psychopathologie
familiale (ex. parent présentant un trouble de personnalité
antisociale). Évidemment ces conditions ne sont pas
exhaustives.
Ce dignostic est à distinguer des diagnostics de trouble
oppositionnel avec provocation, de déficit de
l'attention/hyperactivité, d'épisode maniaque (lorsque les
conduites problématiques sont limitées à un tel épisode
dont les critères diagnostics sont rencontrés) et de
trouble d'adaptation (si les conduites problématiques se
développent en réaction nette avec la survenue d'un
stresseur psychosocial).
(1) American Psychiatric association, DSM-IV, Manuel diagnostique
et statistique des troubles mentaux. Traduction française,
Paris, Masson, 1996, 1056p.