Des chercheurs dévrivent un trouble de rêverie dite excessive, inadaptée ou compulsive ("excessive daydreaming", "Compulsive fantasy").

Après la publication en 2009 par les psychologues Cynthia Schupak et Jesse Rosenthal d'une étude décrivant une histoire de cas et discutant de la "rêverie excessive", ainsi que la publication en 2002 d'une étude par Eli Somer sur la "rêverie inadaptée", "une multitude de forums en ligne et de pages web ont proliféré, sur lesquels des milliers de personnes anonymes à travers le monde témoignent avoir secrètement souffert des mêmes symptômes pendant des années", rapportaient Cynthia Schupak et Jayne Bigelsen en 2011 dans la revue Consciousness and Cognition.

Plusieurs expriment leur surprise et leur soulagement de découvrir qu'ils ne sont pas seuls à vivre ce problème. Plusieurs rapportent aussi avoir fait des tentatives répétées pour obtenir de l'aide psychologique ou psychiatrique mais les professionnels en santé mentale s'avouaient plutôt dépourvus devant cette problématique, ou encore ne reconnaissaient pas leurs symptômes ou les reléguaient inadéquatement à d'autres catégories de troubles tels que les troubles de l'humeur. Plusieurs sentaient que leur détresse n'était pas comprise, se faisant dire que la rêverie est créative et bénéfique et qu'ils ne devraient pas s'inquiéter.

Leur confusion est amplifiée, disent les chercheurs, par leur incapacité à faire comprendre à la communauté clinique qu'il existe un type de rêverie, qui consiste en une immersion chronique dans des épisodes imaginatifs qui sont "irrésistibles, durables et compulsifs", qui est vécue comme une addiction et qui comporte un lourd poids psychologique et des limitations dans la capacité de s'investir normalement dans la vie.

Schupak et Bigelsen ont mené une étude avec 90 personnes qui postaient des messages dans ces sites web et s’identifiaient comme des "rêveurs inadaptés" afin de mieux connaître ce trouble et le distinguer de la rêverie normale.

L'étude décrit plusieurs caractéristiques concernant la nature des fantasmes ou scénarios imaginés, leurs déclencheurs et leurs fonctions. Le manque de contrôle et la difficulté à limiter l'activité de rêverie dans des périodes de temps appropriées est la préoccupation principale exprimée par les participants. La plupart de ces derniers indiquaient aussi avoir pris très jeune cette habitude.

Des recherches futures devraient être menées afin de mieux comprendre le phénomène, estiment les chercheurs, et surtout afin d'étudier des méthodes potentielles pour diminuer la détresse et l'atteinte fonctionnelle vécues par les "rêveurs excessifs".

Pour un témoignage en français, voyez le blogue : Maladaptive Daydreaming Disorder (Compulsive fantasy).

Psychomédia avec sources: Scientific American Mind, Compulsive fantasy: Proposed evidence of an under-reported syndrome through a systematic study of 90 self-identified non-normative fantasizers. Tous droits réservés