Le psychologue américain Solomon E. Asch (1907 - 1996), l'un des pionniers de la psychologie sociale, a publié en 1951 une expérience, qui a été très influente dans le domaine, illustrant l'importance de l'influence sociale et de la tendance au conformisme.

Chaque participant était invité à prendre place dans une salle afin de participer, avait-il été informé, à une expérience de perception visuelle. Dans la salle se trouvaient déjà sept autres personnes qui étaient des complices de l'expérimentateur. Le participant était placé de façon à ce qu’il soit le dernier à répondre aux questions posées.

Deux images étaient présentées aux participants : une première avec une seule ligne, et une deuxième avec 3 lignes. Ils devaient indiquer laquelle des 3 lignes était de même longueur que la première. Les bonnes réponses étaient faciles et évidentes à donner.

Au début de l’expérience, les complices donnaient la bonne réponse, et les participants donnaient aussi la bonne réponse dans plus de 99 % des cas.

Au bout d’un moment, les complices donnaient parfois unanimement une mauvaise réponse. Dans ces cas, le taux de mauvaises réponses de la part des participants était d’environ 30 %.

Ainsi, sans qu'il y ait de contrainte, de récompense ou de punition, les gens ont une tendance à se « conformer » à une majorité malgré qu'ils aient personnellement une opinion différente, ce qui a été appelé l'« effet Asch ».

Cette expérience a été répétée maintes fois avec différentes variations afin de déterminer l'influence de certains facteurs : nombre de complices, nombres de participants naïfs, difficulté ou ambiguïté de la tâche, hommes vs femmes, personnalité, participants appartenant à des sociétés individualistes vs collectivistes…

Tout un courant de recherche s'est développé afin d'élaborer et tester diverses théories pour décrire et expliquer la tendance au conformisme.

Solomon Asch a été le directeur de thèse, à l'Université Harvard, de Stanley Milgram, psychologue très connu pour sa fameuse expérience de 1960 dans laquelle des participants se sont soumis à l'ordre d'administrer ce qu'ils croyaient être des chocs électriques douloureux.

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